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Par Achille, le 07 Nov 2018

La Maison du Danemark ouvrira ses portes pour une exposition rassemblant environ 500 pièces des plus importants artistes danois. Une belle occasion, pour le public Français, de découvrir la vitalité et la diversité de la création danoise dans ce domaine.

C’est dans les années 1880, avec Thorvald Bindesbøll et Niels Hansen Jacobsen que l’on date l’apparition de la céramique d’art. Ces deux artistes travaillaient la céramique de façon sculpturale. Ils façonnaient l’argile en bustes, en sculptures, en reliefs ainsi qu’en vases et en plats ornés de décorations abstraites. Le mode d’expression abstrait se développa, et les glaçures devinrent un centre d’intérêt à part entière. Au lieu de planifier et de maîtriser les glaçures, on les laissa couler librement. Si ces coulures de glaçures étaient initialement inspirées de la céramique japonaise, on y discerne également l’influence de l’art nouveau français.

Les Grandes Manufactures

La plupart des céramistes ont, à un moment de leur carierre, travaillé pour la Manufacture Royale danoise de Porcelaine ou pour Bing & Grøndahl. Ils exerçaient une grande influence sur les productions de ces entreprises, en particulier pour ce qui est de la forme donnée aux objets sculpturaux et aux pièces de grès. On observe là, les débuts de ce qui s’appellera le « scandinavian modern ». Il s’agit de grès aux formes dépouillées inspirées d’objets utilitaires en céramique. Les ornements inutiles disparaissent, laissant place à des lignes épurées et aux glaçures plus sobres – souvent une seule par vase.

À mesure du développement de la céramique d’art et de la perception de l’artisanat d’art comme constituant un domaine distinct, un certain nombre d’ateliers furent créés à partir de 1920, dans lesquels les céramistes s’attachaient à travailler sur la base des solides traditions artisanales nordiques. Saxbo et la céramique d’atelier à vocation utilitaire des années 1930 à 1960 confortèrent la place de l’artisanat d’art danois à l’échelle internationale. Les travaux les plus aboutis en termes de qualité ont par la suite reçu l’appellation « céramique d’atelier ».

Les Années Folles

Pendant les années de l’entre-deux-guerres et d’après-guerre, la céramique d’art se développa dans différentes directions. Des artistes modernistes tels qu’Erik Nyholm et Asger Jorn s’orientèrent dans une direction plus expérimentale. Chacun de ces artistes travaillait la matière de façon non conventionnelle et se faisait le plus souvent assister par des potiers sur le plan technique. Un autre groupe de céramistes réalisant des pièces d’argile de grand feu s’inspirait fortement de la tradition potière danoise. À cet égard, Gutte Eriksen a joué un rôle déterminant, et l’on parle au demeurant de l’école de Gutte, qui s’est principalement implantée dans le Jutland. Sur l’île du Seeland et autour de la capitale, Copenhague, les artistes étaient attachés à un mode d’expression plus classique et créaient souvent des objets plus légers, aux parois plus minces et aux ornements simples. Parmi les représentants de cette tradition dont les œuvres sont exposées, on peut citer Bodil Manz, Alev Siesbye et Beate Andersen.

Enfin, il convient de mentionner que la petite île de Bornholm, en mer Baltique, a été un véritable vivier de céramistes. Plusieurs grandes manufactures ont été établies sur l’île, en particulier la fabrique Hjort, qui a été aux origines de la production d’un grand nombre de céramistes. Ils ont souvent démarré là avant de créer leur propre atelier. À cet égard, citons les deux sœurs Gertrud Vasegaard et Lisbeth Munch-Petersen (toutes deux nées Hjorth), qui se sont beaucoup intéressées aux formes et aux couleurs de la nature.

Au XXème siècle, la céramique d’atelier est devenue une discipline évoluant entre la céramique d’art et un artisanat d’art issu de la poterie. La conceptualisation du lien entre art et céramique a connu un grand essor à la fin des années 1990. Les groupements danois ont été de plus en plus influencés par leurs contacts avec l’international et on constate depuis vingt à trente ans que la matérialité proprement dite est devenue un élément pivot, par exemple dans les expérimentations sur les glaçures de Christina Schou Christensen, Bente Skjøttgaard et Morten Løbner Espersen, ou dans les sculptures complexes de Karen Bennicke et Steen Ipsen.

En Savoir Plus ?

La Maison du Danemark
142, avenur des Champs-Elysées
75008 Paris

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