Escapade Arts & Crafts le 21 janvier 2021

Le 21 janvier 2021, la maison de vente “Rago” proposera à la dispersion un ensemble de pièces de design, de luminaires et d’arts décoratifs américains et européens.

Un catalogue qui rappelle cette transition ou le concept de progrès était fortement débattu, alors que la révolution industrielle poussait les ingénieurs à rechercher des formes d’organisation permettant des gains de productivité.
Une période ou l’industrialisation s’imposait comme toile de fond et allait profondément changer nos modes de vie.

C’est un temps ou la machine focalise toute l’attention et les expositions internationales connaissent un beau succès. On nommera bien sur William Morris, John Ruskin qui ont contribué, souvent en réaction et dans de nombreux écrits, a formaliser un courant stylistique tout en portant un regard critique sur les problématiques liées à l’industrialisation. L’idéologie initiale prônait le rapprochement des artistes et des artisans afin que, de cette collaboration naisse un “nouvel art populaire”. L’ornement pouvait apparaitre à la condition qu’il soit en relation directe avec la valeur culturelle de l’époque.

Un temps ou la classe industrielle montante avait besoin de se distinguer. En effet, les valeurs d’appartenance de cette nouvelle bourgeoisie n’étaient fondées, ni sur le droit naturel, ni sur la justification morale. Naturellement, elle trouvera dans l’apparition de ce nouveau style, tous les emblèmes et les signes d’une légitimation nécessaire. Ce nouveau style lui permettra de s’émanciper et de se dégager des copies et des décors issus du XVIIIème siècle.

Il existait toutefois une ambiguïté à ce mouvement qui venait probablement de la composition même de leur membre. Il était composé d’artistes issus de la bourgeoisie éclairée. Ce qui les conduisait à rechercher des formes et ornements très sophistiqués, et d’autre part, leurs aspirations démocratiques, au demeurant absolument sincères, n’étaient pas compatibles avec la situation socio-culturelle de l’époque.

Le début du 19ème annoncera la fin d’une période de transition qui a vu émerger les manifestes, l’Arts and Crafts (en Angleterre) et/ou l’Art Nouveau (France) pour celle des gains de productivité important dans l’industrie et la diffusion de masse.

On retrouve un peu de cette production dans un large et beau catalogue de pièces qui s’étend de la céramique à la ferronnerie avec une impressionnante présence de nombreux grands créateurs et fabricants tels que George Ohr, Tiffany Studios, Taxile Doat, Viktor Schreckengost, Lalique, Josef Hoffmann, Gustav Stickley, Waylande Gregory, etc.

En savoir plus :
https://www.ragoarts.com/auctions/2021/01/early-20th-century-design

Martin Szekely : Chef d’orchestre symphonique pour espace mobilier

Diplômé de l’École des Arts et Techniques graphiques Estienne, graveur en « taille-douce », il travaille dans le bâtiment, se fait embaucher comme « ramasse copeaux » chez un menuisier, devient restaurateur de meubles après son service militaire, autodidacte… des expériences qui ont modelé un designer déjà hors cadre.

Tout au long de sa carrière, il a multiplié les collaborations avec des éditeurs comme la Galerie Néotù, la Galerie Kréo ou Domeau & Pérès. L’exposition « Début » présente des éléments de la collection « Pi », « Containers » et « Pour faire Salon ». Une exposition consacrée aux trois périodes initiales d’un travail montrant un langage renouvelé et une curiosité singulière, dans laquelle s’exprime un intérêt évident pour la recherche et les sciences du design.

La Collection « Pi » (1984)

« Noir comme le plumage de l’oiseau », c’est une première manifestation d’identité. Cette collection graphique et gracile se compose d’une dizaine de pièces d’acier laqué noir en fibre de carbone (première utilisation pour une chaise d’habitation).

La chaise longue « Pi » (née en 1982 grâce à une carte blanche du VIA), dédiée au rayon Pi, évoque un fragment de siège, une portion du cercle. Pour la petite histoire, elle évoque aussi le Dr Pi, la dentiste de Szekely, dont le fauteuil a peut-être déclenché le fantasme d’un siège aux formes et aux dimensions hors du commun.

La série « Pi » lui permettra de réaliser sa première collaboration avec Néotù. La chaise longue et le guéridon « Pi » furent des éléments forts de l’éditeur et de la galerie fondée par Gérard Dalmon et Pierre Staudenmeyer, acolyte et ami de Martin Szekely.

Pour Szekely, elles furent, avec les autres pièces présentées pour la première fois en 1984, un véritable manifeste. La scène première sur laquelle s’élabore un langage. Sa présentation au Salon du meuble à Milan (1985) lui donnera une reconnaissance internationale. La bibliothèque « Pi » viendra compléter magnifiquement ce premier ensemble.

Parallèlement, s’ensuit une série de meubles la plupart du temps réalisés à la demande de collectionneurs pour lesquels la rencontre avec Martin Szekely est déterminante. Il travaillera aussi à des aménagements de lieux publics, une collaboration avec Jean-Paul Robert et George Berne pour le réaménagement du Musée de Picardie ou encore pour la Maison de George Sand à Nohant.

De designer, Martin Szekely se transforme alors en « meublier ». Un mot cher à E. Ruhlmann, qui voyait là une différenciation théorique entre les modernistes, préoccupés essentiellement par le sens social de leur démarche, et des décorateurs, obsédés par le bon ton de la mondanité.

Szekely recherche la position du juste milieu de ces deux approches dans la conception de mobilier. Ses pièces uniques, destinées à des amateurs, comblent le sens aigu d’un élitisme éclairé, tout en étant logé dans un cadre de vie contemporain qui n’est pas chargé des affectations du passé.

Collection « Containers » (1987)

Le retour au bois, opéré avec la collection « Containers » qu’il dessine en 1987, est lié à une commande du Frac Limousin et à la filière bois.  

La démarche s’oppose ici à celle de la collection « Pi ». Alors que dans cette dernière, les meubles « tenaient tout seuls », ils ont cette fois « besoin d’un soutien », celui d’un mur et du sol. Cette collection marque la reconnaissance du « corps du meuble », et la relation avec l’espace architectural.

« Je ne suis surtout pas un spécialiste. Je mets le meuble en relation avec ce qui l’entoure, les gens, les évènements. Pour moi, il est prétexte à aborder tous les domaines » rappelle Martin Szekely.

Présenté pour la première fois en 1986 à la Grande Halle de la Villette, il obtint un succès fulgurant qui sera confirmé par le Salon de Milan en 1987 et celui de Cologne en 1988.

« Pour faire Salon » (1989)

Si la collection « Containers » est celle de l’écart, la collection suivante « Pour faire salon », que Martin Szekely dessine pour Néotù, est celle de la « mixture ».

Présentée en 1989, elle surprit les aficionados du designer qui ne reconnurent pas le minimalisme de Szekely.  Oui, cette collection s’oppose à la précédente, non seulement par la richesse du placage de péroba rose ou la volupté d’un velours pourpre, mais surtout par l’étrange univers formel qui s’y révélait.

Ce qui semble passer pour un embourgeoisement, une perte d’agressivité créative, est en fait l’avènement d’une maturité : Szekely cesse de jeter des défis aux grands créateurs du XXe siècle pour atteindre une indépendance réelle, une position originale.

Szekely, enfant d’immigrés hongrois ne semble pas avoir de limite. Il se réinvente à chaque création. Il souffle une fraîcheur dans le monde du design et de l’art contemporain. Ses collections des années 8o, très différentes et aussi originales les unes des autres le propulsent à la consécration et sur les sentiers des sciences du Design.

Exposition « Début » — Jusqu’au 27 février 2021

Galerie Mercier & Associés
3, rue Dupont de l’Eure, 75020 Paris
Jeudi, vendredi et samedi (14:00 – 19:00)

En savoir plus :
“Martin Szekely Designer”, Christian Schlatter, Grand-Hornu, 1998.

“Les années Staudenmeyer : 25 ans de design en France”, Chloé Braunstein-Kriegel, Norma, 2009.
“Martin Szekely”, Christiane Germain, Intramuros, 1986.

Philippe Starck : Strictement Capricorne !

Philippe Starck a brillé dans le ciel du design des années 80. Loin d’être une étoile filante, son œuvre est présente aujourd’hui dans de nombreuses expositions et musées. Il collectionne les trophées, en gardant dans la manière de s’analyser, une certaine humilité et une grande dose d’originalité.

Philippe Starck, designer de mobilier

Au début de sa carrière, en 1968, il fonde une première entreprise qui réalise des objets gonflables. Il devient connu du grand public comme designer au début des années 80. Au fil des ans, Philippe Starck s’est transformé en designer d’affaires, d’image, de communication et de marketing au rayonnement international.

En 1979, il fonde Starck Product, qu’il rebaptisera Ubik (comme ubiquité) en référence au roman de Philip K. Dick. C’est dans les années 80 qu’il concevait pour la société italienne Driade des meubles comme la table pliante “Tippy jackson” (1982) ou “Titos Apostos” (1985). En France, il créera des collections de meubles pour la vente par correspondance des 3 Suisses (1984).

Starck a su tirer parti de la dimension people dans les médias. C’est l’un des premiers à avoir intégré, dans le domaine du design, l’utilisation du pouvoir médiatique. Son activité de designer s’est largement accrue durant cette période et a été un tremplin à sa carrière.

Attiré par la production de série, il crée, dans le domaine du design industriel, pléthore d’objets les plus divers : objets ménagés pour Alessi, dont un célèbre presse citron “Juicy Salif” ; des brosses à dents pour Fluocaril aux éléments de salle de bains (pour Duravit, Hansgrohe, Hoesch, Axor) ; des pâtes alimentaires pour Panzani ou encore du mobilier urbain pour JCDecaux.

Il obtient, toujours en 1980, l’Oscar du luminaire avec la lampe “Easy Light”. Dès cette période, ses activités se partagent entre la création d’objets industrialisés, principalement des meubles, et l’architecture intérieure.

De la scénographie pour le CGP à l’architecture intérieure

Philippe Starck a mis en scène plusieurs expositions thématiques qui ont contribué à la renommée internationale de son œuvre. Comme, par exemple : « Design français 1960-1990, trois décennies » à Paris, avec la collaboration de Philippe Delis, au Centre Georges-Pompidou (1988). On lui doit aussi plusieurs clubs de nuit comme “Le chalet du Lac”, “La Main bleue” (1976), “Les bains douches” (1978) ou le “Starck-Club” (1984 à Dallas).

Tout au long des années 80, il déploiera son talent d’architecte d’intérieur. En 1984, il réalise pour le café Costes à Paris, l’un des plus célèbre aménagement d’intérieur, qui lui permet de nouvelles créations de meubles à succès, dont la fameuse la chaise Costes. Une chaise étroite et mince à 3 pieds dont “les 400 pieds en moins sont 400 occasions de moins, pour le garçon de café, de se foutre la gueule en l’air”, dira-t-il plus tard.

Sa renommée devient internationale grâce au succès du café Costes, qu’il remaniera plusieurs fois par la suite. (Le Café Costes est aujourd’hui disparu).

C’est en 1982, le président François Mitterrand, sur la recommandation de Jack Lang, ministre de la Culture, choisit Philippe Starck pour son projet pour la décoration des appartements privés du palais de l’Élysée. Il aménagera notamment la chambre de Danielle Mitterrand. Pour cette occasion, il dessine des meubles, dont le célèbre fauteuil-club “Richard III”. Un fauteuil qui lui permet de montrer comment, en analysant un parfait symbôle, on parvient à se débarrasser de la charge “petite-bourgeoisie” et à proposer une image de l’état post-moderne du monde.

Starck a également conçu la vasque et la flamme olympique des Jeux Olympiques d’hiver de 1992 à Albertville, ainsi que les panneaux “Histoire de Paris” (parfois appelé pelle ou sucette Starck) implantés en 1992, sous le dernier mandat municipal de Jacques Chirac.

Quand Philippe parle de Starck…

« J’ai quitté l’école en 4ème, je suis un homme des bois, je ne sais pas écrire, je ne connais pas mes tables de multiplication ni mon alphabet, j’ai un petit manque général de culture…». Malgré cela, c’est lui qui décide finalement de son avenir. Pas artiste du tout, il est « une éponge, un magma », dit-il aujourd’hui, capable de restituer avec précision une position morale dans le champ du design.

Encyclopédiste à sa manière, il s’approprie l’histoire du design et s’en sert quotidiennement, non comme un chercheur mais comme un acteur qui utilise les mimiques (gimmicks) qu’il croise sur son chemin pour nourrir l’humanité.

Starck se dit « producteur agitateur » et s’exprime au travers de la matière, insufflant une âme à ce qui l’entoure. “Subversif, éthique, écologique, politique, humoristique… C’est ainsi que je vois mon devoir de designer“.

Le design démocratique, le mot d’ordre d’un créateur populaire

Starck s’est principalement consacré à la création en série de produits de consommation courante avec son concept de “design démocratique”. L’objectif consiste à faire “baisser le coût, augmenter la qualité puis diffuser et donner le meilleur auprès du plus grand nombre”. A travers ce concept, Starck est apparu comme un pionnier dans une période où le design était destiné exclusivement à une élite. « Le populaire est élégant, le rare est vulgaire », dit-il.

Le designer cherchera à mettre en œuvre cette idée utopique en utilisant le canal de la vente par correspondance, avec les 3 Suisses, afin d’atteindre un large public.

Depuis plus de 30 ans, ce créateur, auteur de milliers de projets, s’est toujours placé en dehors des conventions. Avec son infatigable inventivité protéiforme, Starck s’engage au service d’une vision : “que la création, quelle que soit la forme qu’elle prenne, rende la vie meilleure pour le plus grand nombre”.

Starck, c’est un répertoire varié de design exceptionnel. On retient plusieurs modèles majestueux qui ont marqué la carrière d’un designer contemporain décidément à part entière :  les enceintes Zikmu et le casque ZIk de Parrot, les couteaux Laguiole dont le dernier « Log », la Freebox Révolution, les lunettes Starckeyes de Mikli, la luxueuse lampe “Marie Coquine” de Baccarat ou encore le disque dur Starck Desktop de LaCie.

Il a conquis un vaste marché et rendu son style familier. Il emploie fréquemment le ton de l’humour pour nommer ses créations (fauteuil « Ploof », tabouret « Dadada », chaise « Boom »). « Le plus bel exemple quotidien de la relativité, le plus beau symptôme de l’intelligence humaine, c’est l’humour. […] Un design sans humour n’est pas humain. Le mot «beau» ne veut rien dire. Seule la cohérence compte. Un objet, design ou pas, est avant tout un objet qui réunit tous les paramètres de l’intelligence humaine, qui réconcilie les contraires. Le manque d’humour est la définition de la vulgarité.» détaille-t-il.

Un créateur couronné de récompenses et de distinctions

En novembre 2016, lors d’une cérémonie officielle au Palace Hotel de Madrid, Philippe Starck a été honoré du titre de “Homme de l’année 2016” par le magazine GQ, dans la catégorie « designer contemporain le plus influent ». Cet award récompense son œuvre visionnaire d’aujourd’hui et celle de demain. Philippe Starck a été récompensé par de nombreux prix et “awards”, en France, aux États-Unis ou en Italie. Il a notamment été désigné « Créateur de l’Année », obtenu le Grand Prix du Design Industriel, l’Oscar du Design, Compasso d’Oro…

Ses rêves sont des solutions si essentielles qu’il a été le premier français à être invité aux conférences TED (Technology, Entertainment & Design) aux côtés de participants renommés tels que Bill Clinton ou Richard Branson.

Pour lui, le design n’est pas qu’une question de production d’objets quotidiens, mais aussi un acte de création qui intègre passions, désirs, motivations, questions et interrogations, perception globale de notre environnement et du monde.

Sources :

_ Raymond Guidot, Histoire du Design 1940-2000, Hazan, Paris, 2000.

_Chloé Braunstein-Kriegel, Les années Staudenmeyer : 25 ans de design en France, NORMA, Paris, 2009.

_ Catalogue d’exposition du Mobilier National, 1964 MOBILIER NATIONAL 2004 40 ANS DE CREATION, Réunion des Mureaux Nationaux, Paris, 2004

Pourquoi acheter « Vintage » ?

C’est certain, il y en a des raisons d’acheter d’occasion ou « d’aller chiner » comme on dit. D’abord, chiner est une expérience qui se réalise en extérieur, au grand air. Ah oui et en plus, « c’est le week-end, mais il faut se lever tôt », vous a-t-on dit… « mais bon, pas toujours », a-t-on rajouté.

L’important est de prendre le temps de comprendre quels sont les objets les plus utiles pour votre cadre de vie, votre intérieur… ensuite de vous laisser guider par votre intuition. Quoi qu’il en soit et en dehors de la tendance écologique (qui reste toutefois importante), « aller chiner » reste une expérience intéressante pour votre corps et votre esprit. Cela vous engage physiquement et vous libère la tête !

1) Vous soignez le style de votre intérieur

Et oui, lorsque vous chinez et que vous dénichez une pièce atypique, vous développez votre style, un style unique et qui vous ressemble. Vous vous souvenez, lorsque vous êtes allés à la soirée crêpes de votre collègue et que vous avez vu votre table basse et votre fauteuil dans son salon… Les « intérieurs tendances » que l’on voit sur instagram… c’est pas pour pour vous.

Vous, ce que vous aimez, c’est chiner la perle rare, trouver des pièces que vous ne verrez chez personne d’autre et de vous créer un style unique qui correspond à votre personnalité. 

Crédit photo : Parisian Clichés

2) Vous faites des économies

On ne le dira jamais assez : L’occasion, c’est moins cher que le neuf. C’est un aspect non-négligeable dans la démarche d’achat. De manière générale, le mobilier du XXème est à prix vraiment réduit. 

Certes, vous pouvez trouver de pièces anciennes signées ou de très bonne facture à un prix plus élevé, mais de toutes les façons, ce sera toujours beaucoup moins cher que pour une pièce similaire neuve. 

3) Vous pensez à la planète, car « Chiner », c’est éthique !

C’est probablement la raison principale qui vous pousse à sortir de bonne heure un matin de week-end. Pour vous aussi, « chiner » c’est éthique.

Quand on voit les désastres écologiques et humain de la production industrielle, la mode et la consommation grand public… Personnellement, je suis devenu réticent à franchir la porte d’une grande enseigne avec pignon sur rue… En chinant, non seulement, vous protégez vos économies des gloutons de basse qualité, mais en plus, vous œuvrez pour la planète.

Et oui, sélectionner les pièces nécessaires et utiles, faire des choix… réduire ses achats de neuf, c’est demander un ralentissement de production. Et puis, chiner un objet, une table basse, des chaises ou encore un luminaire, c’est une façon de recycler des pièces destinées à l’abandon et de leurs donner une seconde vie.  C’est toujours un bon geste réalisable à notre échelle. 

4) C’est bon pour l’économie circulaire

« Une économie circulaire, c’est une économie qui fonctionne en boucle, de la conception à la fin de vie du produit ». C’est sur cette dernière étape que le rôle des antiquaires du XXème entre en jeu. Les marchés de mobilier du XXème, les « DesignMarkets » s’inscrivent dans cette notion de développement durable. En achetant d’occasion, vous vous positionnez sur le créneau d’une pièce durable et non, jetable.

5) La qualité est au rendez-vous

« On le sait, ce qui était fabriqué avant était beaucoup plus résistant qu’aujourd’hui, du Nokia 3310 à votre bonne vieille gameboy, le temps ne semble pas avoir d’emprise sur leur fonctionnement ». Pour le mobilier, c’est la même chose. J’ai une table basse datant des années 60 qui est quasiment intacte, mes chaises, datées 1978, sont toujours ok. Vous y penserez la prochaine fois que vous démonterez votre armoire lors de votre prochain déménagement !

6) Le rapport à l’objet est différent

En acquérant une pièce vintage, on se demande quelle est son histoire, qui était le designer, son ancien propriétaire… C’est une relation très différente qu’avec une table ou un fauteuil neuf. L’histoire et l’authenticité de la pièce les rendront toujours plus précieux.

Pierre Guariche aux éditions Norma

A l’occasion de l’exposition “Pierre Guariche, Supermoderne 1955-1965”, l’ouvrage de l’oeuvre complète, précise et documentée de Pierre Guariche, viendra éclairer le travail d’architecture, de mobilier et de luminaire du designer Francais incontournable des années 1950.

L’oeuvre foisonnante de Pierre Guariche (1926-1995) accompagne les Trente Glorieuses, comme les grands changements administratifs et sociétaux des années 1980. Formé par Marcel Gascoin, Guariche débute en 1950 comme décorateur-créateur d’ensembles indépendant. Il conçoit pendant plus de dix ans un mobilier adapté aux logements de la reconstruction et à la production sérielle, s’appuyant sur des éditeurs novateurs, tels qu’Airborne, la galerie MAI, Steiner, Les Huchers-Minvielle puis Meurop, ou encore Pierre Disderot pour les luminaires.

Revisitant les formes utiles à l’aune de nouveaux matériaux, il fonde en 1954 l’Atelier de recherche plastique (ARP) avec Michel Mortier et Joseph-André Motte, premier collectif français de créateurs, qui durera trois ans.

À partir des années 1960, il privilégie l’architecture intérieure, où sa maîtrise de l’espace, des matières et de leur mise en oeuvre l’impose sur de nombreux de projets. Il participe au chantier de Firminy aux côtés de Le Corbusier et collabore avec l’architecte Michel Bezançon à la création de La Plagne. Sollicité pour de nombreux grands chantiers de l’État, il aménage la préfecture et le conseil général de l’Essonne à Évry et le tribunal de grande instance de Créteil.

S’appuyant sur des archives inédites, cet ouvrage revient sur un parcours riche de plus de 200 aménagements, presque autant de meubles et une série de luminaires remarquables, aujourd’hui réédités par Sammode.

En savoir plus ?

Pierre Guariche “Luminaires, Mobilier, Architecture d’intérieur”.

de Delphine Jacob, Lionel Blaisse et Aurelien Jeauneau
336 pages. Editions Norma. Sortie : Bilingual (8 octobre 2020)

Pierre Guariche, supermoderne 1955-1965″
Exposition du 26 septembre au 26 octobre 2020

Galerie Aurélien Jeauneau
Marché Paul Bert-Serpette
Allée 6 – Stand 93

Jeanneret | Chandigarh [1955 – 1965]

Du 17 septembre au 31 octobre 2020, François Laffanour et la galerie Downtown vous invitent à découvrir des pièces de mobilier de 1955 à 1965, originaires de la ville moderne de Chandigarh en Inde, réalisées par l’architecte et designer Pierre Jeanneret (1896 – 1967).

Entièrement construite sous la houlette de Le Corbusier à la demande de Nehru et suite à la proclamation de l’indépendance de l’Inde et du Pakistan, la ville de Chandigarh, située au pied de l’Himalaya en Inde, est un exemple de modernité et d’innovation architecturale. Pierre Jeanneret est rapidement sollicité pour fournir aux nouveaux batîments publics et aux habitations privées, des ensembles de mobilier en accord avec cette architecture minimale.

De cette collaboration précieuse entre l’architecte Le Corbusier et son cousin designer Pierre Jeanneret, naissent des pièces iconiques, aux formes géométriques et minimalistes, avec une touche d’inspiration indienne (utilisation de matériaux locaux, d’essences de bois exotiques).

Des consoles, des tables, des chaises, des fauteuils forment un ensemble cohérent, indéniablement lié à Chandigarh et son architecture. Environ 25 pièces seront présentées à la galerie cet automne, dont certaines font preuve d’une grande rareté sur le marché.

Du 17 septembre – 31 octobre 2020
Laffanour – Galerie Downtown
18, rue de Seine
75006 Paris

Le PAD de Londres reporté à l’automne 2021

Après avoir consulté les membres du Comité de Sélection et obtenu un retour des exposants, l’organisateur a été décidé de reporter l’édition du PAD LONDRES à l’automne 2021.

Les conditions sanitaires, les difficultés actuelles et les recommandations du gouvernement, ne permettent pas à l’organisateur une proposition d’évènement qualitatif dans des conditions stables.

En savoir plus ?
https://www.pad-fairs.com/

Gae Aulenti : un univers créatif

Gae Aulenti est l’un des architectes et designers les plus influents de l’après-guerre. Dès les années 1960, ses créations emblématiques – comme sa série “Locus Solus” (1964), les lampes “Pipistrello” (1965) et “King Sun” (1967) – ont joué un rôle essentiel dans la domination mondiale de l’Italie dans le domaine de la conception du produit. La créatrice italienne a acquis une renommée internationale pour sa transformation de la gare parisienne d’Orléans en musée d’Orsay (1980-1986). Mais bien que Gae Aulenti ait réalisé plus de 700 projets, elle est relativement inconnue en dehors de son Italie natale. Le Vitra Design Museum cherche à corriger cette négligence avec l’exposition qui lui est consacrée : Gae Aulenti : A Creative Universe.

L’exposition explore l’œuvre à multiples facettes de Gae Aulenti, qui englobe non seulement des projets architecturaux et des objets de design, mais aussi des intérieurs, des décors et des costumes, ou encore des scénographies d’expositions. Le Vitra Schaudepot présente environ 35 articles de toute sa carrière, complétés par des photographies, des croquis et des dessins, ainsi qu’un diaporama, des films documentaires et des interviews.

Jusqu’au 18 avril 2021

Vitra Design Museum
Charles-Eames-Strasse 2
D-79576 Weil am Rhein
En savoir plus ?
https://www.design-museum.de/

Playground – Le design des sneakers

Baskets, tennis, trainers ou sneakers, peu importent leurs noms, elles marquent notre façon de vivre et de nous habiller depuis le début du XXe siècle. Portées par des millions de personnes à travers le monde, les sneakers sont devenues, en quelques décennies, un objet de consommation de masse qui transcende le genre, l’âge et les milieux socio-culturels.

Musée du Design de Bordeaux

Comment une simple chaussure de sport s’est-elle imposée comme un véritable accessoire de mode, voire une oeuvre d’art ? Avec plus de 600 paires, films, documents d’archives, photos et témoignages, l’exposition présente toutes les facettes de cet objet iconique, de son succès auprès des breakdancers new-yorkais aux recherches technologiques de pointe qu’il suscite.

À travers une sélection d’une cinquantaine de modèles emblématiques de 1900 à aujourd’hui, les visiteurs découvrent les marqueurs forts de ce qui constitue une histoire des sneakers. Portés par des stars du sport, témoignant d’innovations techniques révolutionnaires, promotionnés par des rappeurs, des skateurs de renom ou conçus par de grands couturiers, designers ou artistes, les modèles sélectionnés ont tous une histoire à raconter. Ils sont les reflets d’un moment, d’une époque ou d’un phénomène de société.

L’exposition propose ensuite de découvrir l’évolution de cette ascension. Longtemps réservées aux activités sportives, les sneakers vont dépasser progressivement ce domaine pour jouer un rôle essentiel dans la culture urbaine et la mode. Le transfert du sport à la rue est intimement lié à l’émergence des contre-cultures aux États-Unis et en Europe dès les années 1970. Symboles de l’anticonformisme, outils de distinction pour des icônes du Hip-Hop, de la Break Dance ou d’affirmation sociale et culturelle de certaines minorités, les sneakers se retrouvent bientôt aux pieds de tous. Mais la chaussure démocratique par excellence devient également dans les années 1980 l’objet de toutes les convoitises. Les prix flambent et le magazine Sports Illustrated titre en 1990 « Your Sneakers or Your Life ». Films, photos et témoignages retracent ce succès fulgurant.

La seconde partie est consacrée aux principales innovations qui ont marqué le marché de la sneaker depuis sa création. Le visiteur peut découvrir les recherches développées par les départements dédiés des grandes marques qui se livrent depuis quelques années à une course à l’usage des nouvelles technologies. Une évolution qui répond aujourd’hui aux enjeux de la mode éthique et du développement durable, et stimule également l’imagination des étudiants des grandes écoles de design.

Les acteurs importants du monde des sneakers sont mis en valeur, des collectionneurs – les sneakerheads – aux designers qui ont contribué aux plus grands succès comme Jacques Chassaing, designer chez adidas depuis 1981 à qui l’on doit notamment la chaussure de basket Forum, ou Tinker Hatfield, auteur de la Nike Air Max 1 ou de la célébrissime Air Mag du film Retour vers le futur 2.

Avec la participation des archives des grandes marques et d’institutions de référence dans le domaine, plus de 60 prêteurs et plus de 600 paires et documents présentés, Playground est la première exposition de cette envergure en Europe à présenter ce phénomène culturel.

Playground – Le design des sneakers
du 20.06.2020 au 10.01.2021

Musée des Arts décoratifs et du Design (madd-bordeaux)
39 rue Bouffard, 33000 Bordeaux
Tel : +33 (0)5 56 10 14 00

Accrochage Colorée !

L’incontournable Galerie Denise René (rive gauche) organise un accrochage de groupe composé d’œuvres colorées pour fêter l’arrivée de l’été.

Cette exposition ouvrira jeudi 18 juin et sera présentée jusqu’à mi septembre 2020.

En savoir plus ?

Galerie Denise René — rive gauche
196 boulevard Saint-Germain
75007 Paris

Horaires d’ouverture :
mardi – vendredi : 10:00 – 13:00 et 14:00 – 19:00
samedi : 11:00 – 13:00 et 14:00 – 19:00