Undesignable Market — Paris Vème

Dimanche 19 septembre 2021 à partir de 7h
Rue des fossés Saint-Bernard, 75005 Paris.
Métro : Cardinal Lemoine ou Jussieu

Undesignable Markets est un concept de brocantes Design Nouvelle Génération. Urbain riche et inspirant, ce marché itinérant à mi-chemin entre salon d’antiquaires et brocante populaire est aujourd’hui le meilleur déballage de marchands professionnels de design en extérieur.

Gratuit et accessible a toutes les bourses, les marchés “Undesignable” accueillent plusieurs fois par an, lors des éditions parisiennes ou en province, les visiteurs dans de beaux lieux et de beaux quartiers.

Acheteurs ou amateurs, vous découvrirez, en extérieur, du mobilier du XXème siècle français, scandinave, hollandais ou Italien, signé (ou pas) de designers qui ont marqués l’histoire de nos intérieurs.

Jean Prouvé, Pierre Paulin, Pierre Guariche, Cees Braakman, Friso Kramer, Arne Jacobsen, Charles & Ray Eames…

Inaugurés en 2015 à Paris avec seulement vingt marchands, Undesignable Markets compte aujourd’hui plus de 80 exposants venus des quatre coins d’Europe et est devenu le 1er marché itinérant des professionnels et amoureux du Design en France.

En savoir plus ?

O-LUCE di Giuseppe Ostuni

Dédicace et présentation de l’ouvrage en présence de l’auteur

Depuis plusieurs années, Giuseppe OSTUNI et l’entreprise O-LUCE sont considérés comme une sorte de « canal secret » par les collectionneurs et amateurs de luminaires modernes. Jusqu’à présent, la plupart des lampes produites par OSTUNI, au cours de ses 35 années d’activité à Milan, restaient inconnues, même pour les connaisseurs. 

En effet, les limites documentaires sont rapidement atteintes lors d’une recherche d’informations, de documentation ou de détails sur les luminaires O-LUCE ou même sur OSTUNI. La plupart du temps, les informations découvertes s’avèrent insuffisantes, et parfois même erronées.

Pour la première fois, un ouvrage de référence apporte un éclairage nouveau sur l’importance d’OSTUNI dans le domaine de la conception de luminaires modernes. Une importance clairement transcrite dans un catalogue raisonné en deux volumes, qui surprendra même les spécialistes du design.

6 années de travail minutieuses et attentives ont été nécessaire à Thomas BRAEUNIGER et LUMI PRESS pour concevoir et rédiger le catalogue raisonné ultime de O-LUCE.

Le design et la qualité de fabrication des deux ouvrages, comme pour la grande attention portée au contenu, emportera tout amateur par sa finition exquise et exceptionnelle des détails. 

Ces deux ouvrages apportent une profondeur et des précisions inédites et exceptionnelles qui se distingue de nombreuses publications de design existant à ce jour. 

Ils constituent un ouvrage de référence indispensable pour les chercheurs en design, les musées, les bibliothèques universitaires, les collectionneurs, les marchands et les maisons de vente aux enchères.

O-LUCE di Giuseppe OstuniVolume 1

Il brosse un tableau précis de l’histoire de l’entreprise O-LUCE et donne un aperçu de la vie de Giuseppe OSTUNI. 

G. OSTUNI, originaire de Trieste, a fondé sa société O-LUCE à Milan à l’âge de 40 ans et est devenu par la suite un pionnier de l’éclairage innovant et moderne. 

Son frère Angelo OSTUNI et Franco BUZZI furent les premiers à faire connaître O-LUCE au-delà des frontières de l’Italie et ont ainsi façonné l’histoire de l’entreprise au début des années 1950. 

Les nouveaux matériaux, tels que le Perspex et le verre industriel, ou les nouvelles technologies de sources lumineuses, ont eu une influence décisive sur la conception des luminaires modernes. 

Là aussi, OSTUNI et ses jeunes designers et collaborateurs, surtout Tito AGNOLI, Joe COLOMBO et Bruno GECCHELIN, furent les avant-gardistes parmi les concepteurs de luminaires. 

Sur 480 pages, avec plus de 640 dessins, photographies et documents, pour la plupart inédits, l’ouvrage ouvre un chapitre fascinant de l’histoire du design italien. 

O-LUCE di Giuseppe OstuniVolume 2

Il présente toutes les sources et preuves historiques sur lesquelles repose le catalogue raisonné. Après un aperçu détaillé de la systémique d’OSTUNI, le chapitre Biographiesprésente les plus importants designers et collaborateurs. 

La partie essentielle du deuxième volume est constitué par le catalogue raisonné, qui est divisé en quatre sections : appliques, lampes de table, lampadaires et plafonniers. Il contient au total plus de 560 lampes. 

Chaque luminaire est décrit avec son numéro de modèle, son créateur, son année de conception, ses matériaux, ses dimensions et – dans les cas où ils ont été publiés – des détails bibliographiques.

Le volume 2 contient également un aperçu chronologique critique des unités d’éclairage O-Luce publiées à l’époque dans la littérature spécialisée, les magazines et les catalogues. 

Une bibliographie sélective et un index complet des chiffres pertinents mentionnés concluent le second volume.

O-LUCE di Giuseppe Ostuni
Catalogue raisonné en 2 volumes
Auteur : Thomas Braeuniger
Editeur : LUMI PRESS, 2021

29.5 cm x 29.5 cm, couvertures rigides en toile de lin
Deutsch / English

Volume 1
480 pages, 642 illustrations, en partie en couleur, en partie pleine page.
Histoire de l’entreprise, histoire du design, créateurs avec bibliographie et index.

Volume 2
612 pages, 736 illustrations, en partie en couleur, en partie pleine page.
Catalogue raisonné des luminaires (570), courtes biographies des concepteurs, références, chronologie des luminaires O-LUCE publiés, bibliographie, crédits photo, index des personnes.

LUMI PRESS16, Duerfstrooss
L-6695 Mompach
Luxembourg
info@lumi-press.com

Denise René à St-Germain-des-prés : une page se tourne

L’exposition qui devait ouvrir cette semaine à la galerie denise rené rive gauche, a dû être déprogrammée. En effet, l’administrateur judiciaire chargé de la succession de Denise René, titulaire de l’espace du boulevard Saint Germain, a pris la décision de mettre un terme à l’occupation du local par la galerie.

Cette adresse emblématique, inaugurée le 23 juin 1966 au cœur de St-Germain-des-prés par une exposition d’œuvres multiples de Vasarely, et animée par Lucienne Bleibtreu-Kilian aux côtés de Denise René, était dédiée à l’origine à la diffusion d’éditions et d’œuvres multiples dans l’objectif de mettre l’art contemporain à la portée de tous les publics. 

Tous les artistes historiques défendus par la galerie y ont été exposés et ce lieu aura été pendant plus de cinquante ans un véritable laboratoire donnant à de nombreux jeunes talents la possibilité de leur première apparition publique. Depuis la disparition de Denise René en 2012 la galerie a cherché, sous la conduite de son neveu Denis Kilian, à perpétuer cette vocation initiale : exposer les artistes historiques de l’art abstrait constructif et donner une visibilité aux nouvelles générations s’inscrivant dans cette tendance.

“La décision imposant la fermeture de ce lieu auquel s’attache le souvenir de tant d’expositions est évidemment un immense crève-cœur pour tous ceux qui firent là, pendant toutes ces années, des rencontres marquantes avec la création contemporaine. Aussi était-il impossible de quitter notre adresse de St-Germain-des-prés sans explication et sans s’arrêter un instant pour évoquer en quelques mots la fabuleuse histoire qui s’est déroulée dans les murs de la galerie. Mais l’amour de l’art n’a pas de résidence assignée et la galerie poursuit évidemment son activité, dans l’absolue fidélité à la ligne esthétique définie par Denise René revivifiée par la sensibilité et le regard neuf de jeunes artistes. Plus que jamais, dans le plaisir renouvelé du partage et de la découverte, l’art abstrait géométrique et cinétique va s’exposer dans la galerie denise rené du Marais, ouverte avec Denise René en 1992 au 22 rue Charlot, et renforcer sa présence sur les réseaux sociaux.” écrit Denis Killian.

Dès à présent et jusqu’à fin juillet Colorful ! vient joyeusement bousculer l’exposition Hard edge et, en septembre, un grand solo Carrément Soto accompagnera la rentrée.

En savoir plus ?
société nouvelle galerie denise rené
22 rue Charlot 75003 Paris
tél : +33 1 48 87 73 94
info@deniserene.com

Design au Belvédère !

Jean-Yves Allemand, La Galerie du XXème – Poitiers (avec un petit collectif de marchands sélectionnés avec attention), organise une exposition/vente. Undesignable a eu l’occasion de visiter cet écrin rayonnant et merveilleusement aménagé.

Un sentiment d’exception se dégage dès l’ouverture de la porte. A l’arrivée, notre œil s’arrête sur un lampadaire de Pierre Paulin, rare et exceptionnel, une chaise de Jean Prouvé accompagnée d’un lampadaire, lui Hollandais… Il faut reprendre son souffle avant de passer aux pièces suivantes.

Des fauteuils authentiques et parfaitement restaurés dans des tissus de luxe, une harmonie des couleurs habillement distribuées. La visite redonne une bonne dose d’énergie et d’optimisme quant à l’avenir et l’intérêt du mobilier du XXème. Merci !

C’est à la Hague, en Hollande, que Jean-Yves Allemand sera pour la première fois touché par l’étoile du design. A l’époque, il effectue une année de césure au pays des « Mushrooms » pour ses études de commerce. Artifort a inondé les institutions publiques jusqu’à la bibliothèque de la Haute École de Commerce de la Hague ou étudiait, justement, le futur marchand. La passion du design s’immisçait pour prendre forme.

De retour en France, l’étincelle se transforme en réalité. Il commence à rechercher des pièces de Pierre Paulin et privilégie les éditeurs comme Thonet, Meuble TV, ou d’Artifort. Le mobilier nordique lui parle, bien sûr, mais c’est le Design Hollandais (le Dutch Design), qui retient son attention depuis 13 ans maintenant.

LE BELVÉDÈRE. Paris 9ème. Sur rdv uniquement. Jusqu’au 5 juillet. (Contact la galerie du XXème)

Escapade design à Berlin ?

Berlin, c’est d’abord une histoire contemporaine, actuelle et aujourd’hui encore, en transformation. Les grues sont omniprésentes, les quartiers en mutations. Depuis le slogan de Klaus Wowereit, (le très populaire et ex-maire social-démocrate) « Berlin, ville pauvre, mais Sexy », les choses ont beaucoup changée.

Tous les quartiers de la ville ont connu le phénomène de « Gentrification », et avec celle-ci, l’apparition de bars, de galeries, de magasins en tous genres et d’une augmentation substantielle des prix. Pourtant, Berlin reste la ville la plus entrepreneuriale actuellement en Europe. Ici, les gens font d’abord avec désir plutôt que pour ce qu’il y aurait à gagner. Cet état d’innocence est maintenu par un marché de l’immobilier abordable (par rapport à d’autres grandes villes comme Paris ou Amsterdam). Il s’agit d’une ville Labo ou l’on peut expérimenter tranquillement ses idées sans avoir à courir après un résultat rapide.

Quelques jours à Berlin ? Ajoutez des « Spots » design à votre carte de la ville !

Arrivé dans la capitale Allemande, vous serez probablement surpris par l’étendue et la taille de la ville. Huit fois grand comme Paris, il faut immédiatement s’organiser pour les déplacements. Rapidement, vous comprendrez que Berlin ne ressemble en rien à une escapade touristique traditionnelle. En grande partie détruite pendant la seconde guerre mondiale, Berlin est avant tout une ville reconstruite, et pour ne rien arranger, reconstruite de deux manières. Alors, si vous cherchez une ville romantique, tranquille et charmante, choisissez plutôt une autre destination.

Bauhaus-Archiv

L’Allemagne et l’école du Bauhaus tiennent une place importante dans l’histoire et le développement du design en Europe. Entre 1919 et 1933, les enseignements dispensés dans cette école, ont probablement été des plus influents pour le XXème siècle. Les Archives du Bauhaus ont pris place, au cœur de la ville, dans un bâtiment dessiné par Walter Gropius lui-même en 1960. Afin de la rendre visible au public, la collection du Musée est actualisée périodiquement de nouvelles pièces souvent extrêmement rares. Vous y trouverez des travaux d’étudiants, des sculptures Oskar Schlemmer, des pièces de Marianne Brandt ou encore le lit d’enfant de Marcel Breuer. La visite est documentée de nombreuses photographies changées périodiquement pour leurs bonnes conservations. Le Bauhaus-Archiv organise aussi des expositions temporaires sur des sujets ou des acteurs qui ont marqué l’école.

Museum der Dinge

Difficile de passer à Berlin sans visiter le quartier de Kreuzberg. Une fois sur place, entre restaurants et pubs berlinois, se trouve le petit Musée des Choses. L’établissement offre une petite collection d’artifacts du XXeme siècle et propose régulièrement des expositions sur le thème du Design ou du Graphisme. L’entrée vous coutera la modique somme de 5 euros, alors, il ne faut pas se priver. En plus, le musée est situé au première étage d’une ancienne usine. Faites un tour dans les deux cours intérieures pour en apprécier l’architecture.

Les marchés et les brocantes

BerlinLe 30 avril à Berlin, on danse jusqu’au 1er mai, qui est aussi le jour de la grande brocante. Plus de 700 exposants, particuliers et professionnels se retrouvent au pied de la célèbre OstBahnhof, à deux stations d’AlexanderPlatz, à partir de 8 heures. Et attention, il y a un rattrapage, pour ceux qui ont louper la dernière session : Le 3 octobre. + d’infos Le dimanche matin, c’est “Brunch et Brocantes”. Les classiques du dimanche : ArkonaPlatz (PrenzlauerBerg) & Boxhagener platz (Friedrichshain). Pour les chercheurs d’or : Strasse der 17 Juni (l’Officiel sur le week-end) Ostbahnhof & Mauer Park.

En savoir plus ?

Bauhaus-Archiv
Klingelhöferstraße 14
10785 Berlin

Bukowski // Hans Wegner Collection

Bukowski commence la saison des ventes aux enchères avec une collection unique et complète de meubles conçus par l’icône du design danois Hans J. Wegner.

140 pièces de mobilier !

L’exposition comprend plus de 140 pièces. Une collection qui s’étend sur une longue période et raconte ainsi une histoire passionnante sur la carrière et le développement de Hans Wegner.

“Je me sens plus un artisan qu’un architecte. Je pense plus comme un artisan, et si je doute, je me dit tout seul : Que ferais-tu si tu te tenais là avec le matériel et les outils entre tes mains? Comment l’approcherais-tu ?… Vous n’avez pas à rendre la situation plus difficile pour vous-même qu’elle ne l’a été.” Hans J. Wegner

Parmi les temps forts de la vente, citons “The Buck Chair”, présenté à l’exposition Snickarmästar en 1955, ainsi qu’une édition rare de la chaise “Chine” produite en quelques exemplaires.

La collection sera exposée à Bukowski lors de la Stockholm Summer Design Week.

En savoir plus ?

Bukowski
Västberga Allé 3
111 87 Stockholm

L’ornement est un crime

Sortir
Par Achille, le 30 Jul 2018

La Cité du design et le Musée d’art moderne et contemporain (MAMC+) de Saint-Étienne Métropole proposent un accrochage de la collection de design du MAMC+. Riche d’une centaine de pièces majeures, L’ornement est un crime met en lumière l’interdit qui frappe l’ornement dans la production artistique au XXe siècle (1910-1970). Considéré comme inutile, bourgeois et primitif, l’ornement est, pour les tenants de la modernité, « une survivance du passé », un archaïsme barbare qu’il faut éradiquer.

L’ornement est partout, de la façon la plus naturelle qui soit, dans la façon d’agrémenter nos corps, d’embellir nos maisons et de fleurir nos villes. Pourtant, au début du XXe siècle, l’ornement fait l’objet d’un rejet radical. Dans Ornement et crime, publié en 1908, l’architecte et designer autrichien Adolf Loos condamne avec violence « l’instinct d’orner », « signe d’une sensualité bestiale » et d’un état inférieur de la civilisation.

À la tête du mouvement moderne, Le Corbusier dénonce l’ornement comme un stigmate moral et un parasite économique. Il faut l’éradiquer au profit d’un art pur, honnête et vrai. Ce rejet unanime est d’abord orienté contre la culture du XIXe siècle. Les intérieurs du siècle passé sont assombris de lourds rideaux et de tentures, de sièges rembourrés et capitonnés, où se réfugient les microbes et la poussière, d’une profusion de bibelots dont la folle accumulation s’alourdit d’un bric-à-brac de références à tous les styles du passé.

Pour les pères de la modernité, cette surenchère ornementale a failli à créer la culture de son époque, à donner sa forme au présent. Loin d’être un simple agrément du regard, la question de l’ornement porte, pour tous les pères de la modernité, un enjeu de civilisation. Au début du XXe siècle, les modernistes affirment la puissance du simple. On déshabille l’objet de ses tapisseries et de ses passementeries pour en montrer l’ossature. On emprunte à l’industrie ses matériaux et ses modes de fabrication à la chaîne. On réduit au maximum le nombre d’éléments constitutifs d’un meuble au profit d’un conditionnement et d’un assemblage rapide. L’heure est aussi aux nouveaux matériaux, au béton, au métal, au verre, à la toile tendue, autant de médiums traditionnellement réservés aux lits d’hôpitaux et aux bicyclettes. Les designers revendiquent un style géométrique, qui fait la part belle à la ligne droite, aux couleurs primaires et à la structure de l’objet. Ce faisant, ils dessinent un art inédit, solidaire de la science et porteur d’un nouvel art de vivre, où le beau découle désormais de l’utile.

Cette théorie de l’art, qui cherche avant tout l’essence intemporelle au-delà des apparences malignes, renoue avec une certaine forme de platonisme, mâtinée d’un idéal démocratique : autrefois réservée à de riches commanditaires, la production ornementale est perçue comme un facteur d’inégalité sociale. Sa disparition prélude à la fabrique d’un monde plus juste. Pourtant, l’interdit fondateur de la chose ornée est vite contourné par les modernistes et leurs épigones. Le culte de la belle ligne et des surfaces lisses, l’agencement rythmé de carrés de couleur, l’attention portée à la beauté des matériaux, affirment tous la puissance du régime décoratif. Nul n’échappe à l’ornement qui loin de disparaître ne fait que changer de forme. Le mobilier réduit à son support, dépourvu de décor, devient l’ornement de la maison.

Accélération

La Deuxième Guerre mondiale sera un accélérateur de la doctrine fonctionnaliste. Il faut bâtir vite et en nombre pour reloger les français. La lutte contre l’insalubrité des logements est au cœur des préoccupations. Le dogme de la simplicité est désormais une nécessité. L’ornement est sacrifié sur l’autel de la reconstruction. Les années 1950 sont les héritières de ces bouleversements. Le début des Trente Glorieuses et l’avènement de la société de consommation précipitent le passage de l’artisanat à l’industrie, de l’objet individuel à l’objet de série. Le fonctionnalisme géométrique des années 1930 est néanmoins tempéré par l’avènement des formes libres, curvilinéaires et biomorphiques, qui s’appliquent aussi bien au mobilier qu’aux objets de la vie domestique. La période des années 1960 est le temps de toutes les révolutions : morale, politique, scientifique, mais aussi esthétique. Le monde des arts appliqués n’échappe pas à ces bouleversements. La doctrine fonctionnaliste, désormais dominante, est perçue par la nouvelle génération de designers comme un nouvel académisme. Cette révolution du regard se traduit par le retour des couleurs pop, des courbes et des arrondis généreux, ainsi que la réhabilitation des tapisseries et des mousses. C’est une nouvelle adolescence qui affleure et prépare la réhabilitation de l’ornement, sous l’angle du baroquisme, de la fantaisie et de la bouffonnerie.

Par Agnès Lepicard.
Commissaire de l’exposition.

En Savoir Plus ?

Cité du Design
3, rue Javelin Pagnon
42000 Saint Etienne

Sarfatti, Nelson, Scarpa Chez Christine Diegoni

Sortir
Par Achille, le 01 Oct 2018

Depuis presque 30 ans, la Galerie Christine Diegoni défend le travail et les créations de designers italiens et américains de la période 1950-1980.

C’est au printemps 2008 que la galerie proposa la première exposition du créateur italien Gino Sarfatti (1912-1985). Cet évènement a largement contribué a lui construire une solide réputation. La publication d’un ouvrage monographique, aujourd’hui devenu une référence du travail de Gino Sarfatti, viendra confirmer la capacité de la Galerie a relever des personnages historiques.

Christine Diegoni

Christine Diegoni nous propose, une nouvelle ballade dans l’histoire des luminaires du XXème siècle au travers d’une sélection fine d’objets d’exceptions. La galerie présente jusqu’au 21 octobre une sélection de luminaires et de meubles rares des années cinquante aux années quatre-vingts.

Parmi les pièces proposées, on notera une suspension n°2077 en méthacrylate, produite en 1954, et une suspension en métal laqué noir et perspex translucide, éditée dans les années cinquante par Arteluce. Au côté des luminaires de Gino Sarfatti, un fauteuil T-chair président de William Katavolos (né en 1924). Une rare et superbe pièce en métal chromé et cuir tendu, conçu avec les américains Ross Litell et Douglas Kelley puis éditée en 1952 par Laverne international. Une applique « Capricorno » de 1973 du designer italien Tobia Scarpa a été éditée par Flos. Un luminaire d’une rare élégance à la structure épurée est composé d’un simple tube néon embrassé par deux lames orientables en métal laqué.

Enfin la galerie posera une attention sur le travail de deux grands représentants du design italien des années quatre-vingts, Ettore Sottsass (1917 – 2007) et Vico Magistretti (1920 – 2006), avec la lampe à poser Monet n°210 et le lampadaire Colonna éditée par Memphis (1988).

En Savoir Plus ?

Galerie Christine Diegoni
47 ter, rue d’Orsel
75018 Paris