O-LUCE di Giuseppe Ostuni

Dédicace et présentation de l’ouvrage en présence de l’auteur

Depuis plusieurs années, Giuseppe OSTUNI et l’entreprise O-LUCE sont considérés comme une sorte de « canal secret » par les collectionneurs et amateurs de luminaires modernes. Jusqu’à présent, la plupart des lampes produites par OSTUNI, au cours de ses 35 années d’activité à Milan, restaient inconnues, même pour les connaisseurs. 

En effet, les limites documentaires sont rapidement atteintes lors d’une recherche d’informations, de documentation ou de détails sur les luminaires O-LUCE ou même sur OSTUNI. La plupart du temps, les informations découvertes s’avèrent insuffisantes, et parfois même erronées.

Pour la première fois, un ouvrage de référence apporte un éclairage nouveau sur l’importance d’OSTUNI dans le domaine de la conception de luminaires modernes. Une importance clairement transcrite dans un catalogue raisonné en deux volumes, qui surprendra même les spécialistes du design.

6 années de travail minutieuses et attentives ont été nécessaire à Thomas BRAEUNIGER et LUMI PRESS pour concevoir et rédiger le catalogue raisonné ultime de O-LUCE.

Le design et la qualité de fabrication des deux ouvrages, comme pour la grande attention portée au contenu, emportera tout amateur par sa finition exquise et exceptionnelle des détails. 

Ces deux ouvrages apportent une profondeur et des précisions inédites et exceptionnelles qui se distingue de nombreuses publications de design existant à ce jour. 

Ils constituent un ouvrage de référence indispensable pour les chercheurs en design, les musées, les bibliothèques universitaires, les collectionneurs, les marchands et les maisons de vente aux enchères.

O-LUCE di Giuseppe OstuniVolume 1

Il brosse un tableau précis de l’histoire de l’entreprise O-LUCE et donne un aperçu de la vie de Giuseppe OSTUNI. 

G. OSTUNI, originaire de Trieste, a fondé sa société O-LUCE à Milan à l’âge de 40 ans et est devenu par la suite un pionnier de l’éclairage innovant et moderne. 

Son frère Angelo OSTUNI et Franco BUZZI furent les premiers à faire connaître O-LUCE au-delà des frontières de l’Italie et ont ainsi façonné l’histoire de l’entreprise au début des années 1950. 

Les nouveaux matériaux, tels que le Perspex et le verre industriel, ou les nouvelles technologies de sources lumineuses, ont eu une influence décisive sur la conception des luminaires modernes. 

Là aussi, OSTUNI et ses jeunes designers et collaborateurs, surtout Tito AGNOLI, Joe COLOMBO et Bruno GECCHELIN, furent les avant-gardistes parmi les concepteurs de luminaires. 

Sur 480 pages, avec plus de 640 dessins, photographies et documents, pour la plupart inédits, l’ouvrage ouvre un chapitre fascinant de l’histoire du design italien. 

O-LUCE di Giuseppe OstuniVolume 2

Il présente toutes les sources et preuves historiques sur lesquelles repose le catalogue raisonné. Après un aperçu détaillé de la systémique d’OSTUNI, le chapitre Biographiesprésente les plus importants designers et collaborateurs. 

La partie essentielle du deuxième volume est constitué par le catalogue raisonné, qui est divisé en quatre sections : appliques, lampes de table, lampadaires et plafonniers. Il contient au total plus de 560 lampes. 

Chaque luminaire est décrit avec son numéro de modèle, son créateur, son année de conception, ses matériaux, ses dimensions et – dans les cas où ils ont été publiés – des détails bibliographiques.

Le volume 2 contient également un aperçu chronologique critique des unités d’éclairage O-Luce publiées à l’époque dans la littérature spécialisée, les magazines et les catalogues. 

Une bibliographie sélective et un index complet des chiffres pertinents mentionnés concluent le second volume.

O-LUCE di Giuseppe Ostuni
Catalogue raisonné en 2 volumes
Auteur : Thomas Braeuniger
Editeur : LUMI PRESS, 2021

29.5 cm x 29.5 cm, couvertures rigides en toile de lin
Deutsch / English

Volume 1
480 pages, 642 illustrations, en partie en couleur, en partie pleine page.
Histoire de l’entreprise, histoire du design, créateurs avec bibliographie et index.

Volume 2
612 pages, 736 illustrations, en partie en couleur, en partie pleine page.
Catalogue raisonné des luminaires (570), courtes biographies des concepteurs, références, chronologie des luminaires O-LUCE publiés, bibliographie, crédits photo, index des personnes.

LUMI PRESS16, Duerfstrooss
L-6695 Mompach
Luxembourg
info@lumi-press.com

Escapade Arts & Crafts le 21 janvier 2021

Le 21 janvier 2021, la maison de vente “Rago” proposera à la dispersion un ensemble de pièces de design, de luminaires et d’arts décoratifs américains et européens.

Un catalogue qui rappelle cette transition ou le concept de progrès était fortement débattu, alors que la révolution industrielle poussait les ingénieurs à rechercher des formes d’organisation permettant des gains de productivité.
Une période ou l’industrialisation s’imposait comme toile de fond et allait profondément changer nos modes de vie.

C’est un temps ou la machine focalise toute l’attention et les expositions internationales connaissent un beau succès. On nommera bien sur William Morris, John Ruskin qui ont contribué, souvent en réaction et dans de nombreux écrits, a formaliser un courant stylistique tout en portant un regard critique sur les problématiques liées à l’industrialisation. L’idéologie initiale prônait le rapprochement des artistes et des artisans afin que, de cette collaboration naisse un “nouvel art populaire”. L’ornement pouvait apparaitre à la condition qu’il soit en relation directe avec la valeur culturelle de l’époque.

Un temps ou la classe industrielle montante avait besoin de se distinguer. En effet, les valeurs d’appartenance de cette nouvelle bourgeoisie n’étaient fondées, ni sur le droit naturel, ni sur la justification morale. Naturellement, elle trouvera dans l’apparition de ce nouveau style, tous les emblèmes et les signes d’une légitimation nécessaire. Ce nouveau style lui permettra de s’émanciper et de se dégager des copies et des décors issus du XVIIIème siècle.

Il existait toutefois une ambiguïté à ce mouvement qui venait probablement de la composition même de leur membre. Il était composé d’artistes issus de la bourgeoisie éclairée. Ce qui les conduisait à rechercher des formes et ornements très sophistiqués, et d’autre part, leurs aspirations démocratiques, au demeurant absolument sincères, n’étaient pas compatibles avec la situation socio-culturelle de l’époque.

Le début du 19ème annoncera la fin d’une période de transition qui a vu émerger les manifestes, l’Arts and Crafts (en Angleterre) et/ou l’Art Nouveau (France) pour celle des gains de productivité important dans l’industrie et la diffusion de masse.

On retrouve un peu de cette production dans un large et beau catalogue de pièces qui s’étend de la céramique à la ferronnerie avec une impressionnante présence de nombreux grands créateurs et fabricants tels que George Ohr, Tiffany Studios, Taxile Doat, Viktor Schreckengost, Lalique, Josef Hoffmann, Gustav Stickley, Waylande Gregory, etc.

En savoir plus :
https://www.ragoarts.com/auctions/2021/01/early-20th-century-design

Pourquoi acheter « Vintage » ?

C’est certain, il y en a des raisons d’acheter d’occasion ou « d’aller chiner » comme on dit. D’abord, chiner est une expérience qui se réalise en extérieur, au grand air. Ah oui et en plus, « c’est le week-end, mais il faut se lever tôt », vous a-t-on dit… « mais bon, pas toujours », a-t-on rajouté.

L’important est de prendre le temps de comprendre quels sont les objets les plus utiles pour votre cadre de vie, votre intérieur… ensuite de vous laisser guider par votre intuition. Quoi qu’il en soit et en dehors de la tendance écologique (qui reste toutefois importante), « aller chiner » reste une expérience intéressante pour votre corps et votre esprit. Cela vous engage physiquement et vous libère la tête !

1) Vous soignez le style de votre intérieur

Et oui, lorsque vous chinez et que vous dénichez une pièce atypique, vous développez votre style, un style unique et qui vous ressemble. Vous vous souvenez, lorsque vous êtes allés à la soirée crêpes de votre collègue et que vous avez vu votre table basse et votre fauteuil dans son salon… Les « intérieurs tendances » que l’on voit sur instagram… c’est pas pour pour vous.

Vous, ce que vous aimez, c’est chiner la perle rare, trouver des pièces que vous ne verrez chez personne d’autre et de vous créer un style unique qui correspond à votre personnalité. 

Crédit photo : Parisian Clichés

2) Vous faites des économies

On ne le dira jamais assez : L’occasion, c’est moins cher que le neuf. C’est un aspect non-négligeable dans la démarche d’achat. De manière générale, le mobilier du XXème est à prix vraiment réduit. 

Certes, vous pouvez trouver de pièces anciennes signées ou de très bonne facture à un prix plus élevé, mais de toutes les façons, ce sera toujours beaucoup moins cher que pour une pièce similaire neuve. 

3) Vous pensez à la planète, car « Chiner », c’est éthique !

C’est probablement la raison principale qui vous pousse à sortir de bonne heure un matin de week-end. Pour vous aussi, « chiner » c’est éthique.

Quand on voit les désastres écologiques et humain de la production industrielle, la mode et la consommation grand public… Personnellement, je suis devenu réticent à franchir la porte d’une grande enseigne avec pignon sur rue… En chinant, non seulement, vous protégez vos économies des gloutons de basse qualité, mais en plus, vous œuvrez pour la planète.

Et oui, sélectionner les pièces nécessaires et utiles, faire des choix… réduire ses achats de neuf, c’est demander un ralentissement de production. Et puis, chiner un objet, une table basse, des chaises ou encore un luminaire, c’est une façon de recycler des pièces destinées à l’abandon et de leurs donner une seconde vie.  C’est toujours un bon geste réalisable à notre échelle. 

4) C’est bon pour l’économie circulaire

« Une économie circulaire, c’est une économie qui fonctionne en boucle, de la conception à la fin de vie du produit ». C’est sur cette dernière étape que le rôle des antiquaires du XXème entre en jeu. Les marchés de mobilier du XXème, les « DesignMarkets » s’inscrivent dans cette notion de développement durable. En achetant d’occasion, vous vous positionnez sur le créneau d’une pièce durable et non, jetable.

5) La qualité est au rendez-vous

« On le sait, ce qui était fabriqué avant était beaucoup plus résistant qu’aujourd’hui, du Nokia 3310 à votre bonne vieille gameboy, le temps ne semble pas avoir d’emprise sur leur fonctionnement ». Pour le mobilier, c’est la même chose. J’ai une table basse datant des années 60 qui est quasiment intacte, mes chaises, datées 1978, sont toujours ok. Vous y penserez la prochaine fois que vous démonterez votre armoire lors de votre prochain déménagement !

6) Le rapport à l’objet est différent

En acquérant une pièce vintage, on se demande quelle est son histoire, qui était le designer, son ancien propriétaire… C’est une relation très différente qu’avec une table ou un fauteuil neuf. L’histoire et l’authenticité de la pièce les rendront toujours plus précieux.

Gufram : 50 ans de design italien et subversif !

Né en 1966 à Turin, l’éditeur atypique italien Gufram fête cette année ses cinquante ans. L’occasion de revenir sur l’histoire de cette entreprise hors-normes, à l’idéologie transgressive.

Tout commence donc en 1966 quand après quatorze années de production de sièges, Guglielmetto Fratelli Mobile change de nom et d’orientation : elle devient Gufram et se spécialise dans le design mobilier.

Design Radical

Dès 1967, elle produit les Multipli, une gamme de pièces réalisées en polyuréthane, qui s’inscrit dans la mouvance du design radical. En proposant des objets remplis de créativité spontanée, qui se positionnent entre le meuble et l’art, les designers rejettent alors les idées rationalistes et fonctionnalistes, de mise à l’époque. Le « bon design » comme synonyme de bon goût est mis à mal : la valeur esthétique est supplantée par la théorie conceptuelle.

Les sièges créés durant cette période sont alors colorés, ludiques, ironiques et bien sûr en polyuréthane, matériau devenu représentatif de la marque, qui sous un aspect dur cache une réalité molle. C’est donc à travers cette approche esthétique et technologique, que l’on appelle également l’anti-design, qu’a pu s’installer ce mouvement subversif, transcendant les typologies habituelles du meuble.

Studio 65, Canapé Bocca, Des Pièces Iconiques

On compte aujourd’hui dans ces créations des œuvres devenues iconiques, comme le canapé Bocca, créé en 1965 par le Studio65 en hommage à Salvador Dali, le fauteuil Praton, gigantesques brins d’herbe dans lesquels on s’allonge, signé par Giorgio Ceretti, Pietro Derossi, Riccardo Rosso sous le nom de Strum en 1966, ou encore le fauteuil Capitello, édité en 1972 et lui aussi signé par le Studio65.

Karim Rashid Et Des Séries Limitées

En 2016, les avant-gardistes de l’époque n’ont rien perdu de leur modernité puisque Gufram édite pour l’occasion la Bocca en version or, et en série limitée à 50 exemplaires. La marque collabore également avec des designers internationaux contemporains, à l’image de Karim Rashid, en poursuivant l’objectif de produire en Italie des pièces de design du quotidien, toujours ironiques et iconiques !

Plus d’informations sur Gufram, éditeur de design italien : Consultez l’Agence ATU.

En Savoir Plus ?

Gufram
Via Alba 26
12060 Barolo CN

Gino Sarfatti : Le 2097

Le fondateur d’Arteluce, Gino Sarfatti, en 1939 a été un des premiers designers à s’intéresser aux nouvelles fonctions de l’éclairage.

Abolissant les frontières entre l’aspect fonctionnel et décoratif des luminaires, il créera ainsi de nouvelles typologies de luminaires, comme avec le lustre 2097 dans les années 50.

1952 : 2097 pour Arteluce

Initialement créé pour Arteluce en 1952, le lustre 2097 réinvente la lumière par effet d’accumulation. Les 30 points lumineux installent ainsi une lumière diffuse grâce à un système articulé autour d’un tube central cylindrique, chromé, depuis lequel le designer choisit de faire partir des bras rayonnants de différentes dimensions. L’éclairage en sera ainsi organisé selon de nouvelles géométries.

Une redéfinition de ce que l’on choisit de montrer

Contrairement aux lustres traditionnels, Sarfatti fait le choix décoratif de laisser fils électriques et douilles en bakélite apparents. Un pari esthétique qui n’en dénie pas moins la fonction, préférant par ce système multiplier les points lumineux pour apporter un éclairage diffus à la pièce de vie, dans une optique de recherche incessante de meilleure qualité de l’éclairage. Une des forces de l’homme sera d’ailleurs de s’attacher à proposer des solutions lumineuses en fonction des caractéristiques de l’espace et de leur utilisation, sans se limiter à réutiliser les typologies de luminaires existantes.

2097/30 et 2097/50 pour Flos dès 1958

Le lustre 2097 sera ensuite édité par Flos, qui rachètera Arteluce en 1973, dès 1958 dans deux versions différentes : le 2097/30 et le 2097/50, l’une contenant 30 bulbes et l’autre 50. Toujours en production aujourd’hui, ce luminaire iconique du travail de Sarfatti, et plus généralement du luminaire italien, n’a rien perdu de sa modernité.

La chaise Vilbert de Verner Panton pour IKEA — 1993

Les résultats d’adjudication de certaines pièces de mobilier d’IKEA attirent l’attention et montrent que la collaboration entre des designers iconiques et de la marque suédoise contribue, encore aujourd’hui, a valoriser son image dans le temps.

Il n’est plus rare de voir des prix multipliés par dix, par rapport au prix initial. Comme le montre une extraction des données d’adjudictation du site Barnebis, le nouveau moteur de recherche d’objets d’art et d’antiquités, certaines pièces semblent sortir du lot. « de plus en de plus de monde s’intéresse aux créations d’IKEA datant des années 1970 jusqu’aux années 1990 », souligne Pontus Silfverstolpe, son co-fondateur.

Ingvar Kamprad, le fondateur d’IKEA, à recherché les talents de grands designers comme Verner Panton, Niels Gammelgaard, Thomas Sandell et Ilse Crawford très tôt. La collaboration d’IKEA avec Verner Panton compte parmi les plus célèbres.

u milieu des années 1990, Verner Panton crée la chaise « Vilbert ». À l’époque cette chaise aux couleurs vives ne remporte pas le succès escompté auprès du public. Fragile et de fabrication légère, elle ne résiste pas à l’assise. C’est probablement sa signature qui lui permet aujourd’hui de se vendre autour de 400 euros aux enchères.

Une situation similaire lors du lancement de la collection Art Event en 2006, une collection en édition limitée de 12 affiches réalisées par 12 artistes de renommée internationale comme Ernst Billgren, Jan Håfström et Denise Grünstein. À l’origine peu prisée, l’affiche de Ernst Billgren’s « Premiär » est mise en vente à 170 euros.
Récemment, elle s’est vendue 1 325 euros chez Bukowskis.

Paradoxalement, « les pièces qui se vendent le mieux aux enchères sont celles qui marchent le moins bien en vente classique » rajoute Pontus Silfverstolpe.

La Chaise Vilbert — 1993

Certes si certains résultats de ventes aux enchères nous laisse rêveur, la réalité du marché semble positionner cette chaise autour de 440 euros avec une tendance orientée à la baisse. Extraction et zoom sur les dernières résultats disponibles en ligne de Barnebys ci-dessous.

En Savoir Plus ?

Verner Panton Design (Official)
Lindenweg 5
CH-4052 Basel

Pierre Paulin : Trois Expositions pour plonger dans les origines de son Œuvre

Pierre Paulin (1927-2009), designer français rationaliste et visionnaire, est triplement mis à l’honneur cette année avec une exposition ciblant la période 1952-1959 à la galerie Pascal Cuisinier, une grande rétrospective très attendue au Centre Pompidou et un focus sur les pièces conçues pour des Salons de l’Élysée à la Galerie Jousse Entreprise.

Celui qui fût le stagiaire de Marcel Gascoin, aux côtés de ses camarades Guariche et Mortier, débute sa carrière en 1953, lorsque Thonet repère son travail au salon des arts ménagers. Il créera ainsi des pièces comme le bureau CM141, au plateau fait de stratifié, « un matériau absolument avant-gardiste à cette époque » et disposant d’une structure en « fer plein, qui apporte une belle qualité, très lourde avec un côté cossu, typique de Thonet » nous explique Pascal Cuisinier.

Mais Paulin, c’est aussi l’utilisation du tissu élastique, comme le jersey, pour recouvrir son mobilier : une technique empreinte de modernité qui fera le succès de ses créations pour Artifort, éditeur avec lequel le designer dira d’ailleurs n’avoir « jamais parlé d’esthétique, qui n’est qu’une conséquence de la prise en charge technique », comme le rapporte Patrick Favardin*.

De cette technique naîtront donc le fauteuil Mushroom, la chauffeuse Tongue ou bien encore l’iconique Ribbon Chair. Des pièces emblématiques, largement connues du grand public, que la grande rétrospective de cette année présentera aux côtés d’objets beaucoup plus rares.

On pourra notamment admirer la « Coupe aux nénuphars » (1955), dont seuls deux ou trois exemplaires sont connus à ce jour, et des projets inédits comme le Tapis-Siège (1980) ou le siège Déclive (1968), tous deux auto-édités.

Rue de Seine, on découvre un des premiers meubles de Paulin : le Vaisselier Bar VB1, en chêne et linoléum, des Éditions Ets Quin, qui date de 1952. On y trouve également la rare et sublime banquette 119 (1954) avec pieds métalliques, aux côtés d’un étonnant chandelier 129, édité par Disderot en 1959.

L’exposition à la Galerie Jousse Entreprise montrera le mobilier imaginé par Pierre Paulin pour l’Élysée à partir de 1969. Des appliques et lampadaires grand modèle édités par Verre et Lumière, ou encore un canapé « Coussins » de manufacture Mangau – Alpha International (Mobilier National).

Enfin, une reconstitution inédite du salon de Pierre Paulin dans sa villa des Cévennes, La Calmette, accueillera les visiteurs au centre Pompidou.

En Savoir Plus ?

Pierre Paulin (1952 – 1959) à la Galerie Pascal Cuisinier :
du 15 avril au 28 mai 2016
+ d’infos

Pierre Paulin au Centre Pompidou :
du 11 mai au 22 août 2016
+ d’infos

« Pierre Paulin, Elysée Palace » à la Galerie Jousse Entreprise :
du 13 mai au Samedi 11 juin 2016
+ d’infos

Notes
* Patrick Favardin, les décorateurs des années 50, éditions Norma.

En Savoir Plus ?

Centre Pompidou
Place Georges Pompidou
75004 Paris

Terje Ekstrøm, Une Identité Atypique

Le Musée des Arts décoratifs d’Oslo consacre, jusqu’au 15 mai 2016, une rétrospective au designer norvégien Terje Ekstrøm. Cette exposition raconte pour la première fois l’histoire de la pratique du design d’Ekstrøm, caractérisée par l’enthousiasme créatif et la quête d’originalité. Avec Svein Asbjørnsen, Svein Gusrud, Terje Meyer et Peter Opsvik, ils ont participé à redéfinir les caractéristiques du design norvégien.

Un parcours atypique et une pop culture

Obtenir un diplôme supérieur était quelque chose d’inhabituel dans la famille de Ekstrøm. Avant d’entrer à l’Ecole Nationale d’Art et de Design d’Oslo (SHKS), il a suivi un apprentissage de menuisier-charpentier puis de tapissier. Ce double parcours lui permit de naviguer aussi bien dans un contexte artisanal que dans des concepts de développements industriels. Ekstrøm fut un étudiant très sérieux quoique peu intéressé par la théorie. Deux éléments apparaissent avoir influencé son travail. L’enseignement de l’analyse de la valeur et le discours du designer et activiste Victor Papanek en 1968, lors de la célébration des 150 ans de l’Ecole de Design (SHKS). La méthode de l’Analyse de la valeur permet d’éliminer les composants inutiles d’un processus de production et de centrer l’approche sur la fonction. Elle fut intégrée dans le parcours de designer à la fin des années 60. Le message de Papanek demandait aux designers d’arrêter de dessiner des objets industriels et de consacrer leur créativité à résoudre les problèmes que l’on nommerait aujourd’hui des problèmes de développement durable. Perdu comme des exemples par de nombreux designers, les projets d’étudiant ont cette année la, été fortement marqué par cette vision.

1964-1968, une période pivot

La période1964-68, pendant laquelle Ekstrøm étudiait à Oslo, est représentative de changements dans l’histoire du design norvégien. D’abord, le statut de designer, entre 1960 et 1970, accède à une certaine forme de reconnaissance. C’est aussi le temps de la célébration des produits issus de l’industrie avec la création de prix, de concours et autres reconnaissances annuelles. Les exportations de produits manufacturés sont en augmentation et l’industrie marche bien. Les fabricants accordent plus d’importance à la « recherche et développement » et les procédés de traitement du laminé s’améliorent. Ingmar Relling mettra au point le célèbre fauteuil « Siesta », lancé en 1965, puis Elsa et Nordahl Solheim sortiront le fauteuil « Kengu » l’année suivante.

La culture alternative est omniprésente dans ses projets d’étudiant

La « Maison Hexagonale », un travail d’étudiant réalisé pour les 150 ans de l’école, montre une approche forte pour la recherche d’idées alternatives et la pop culture. Il développera l’idée d’une maison qui s’adapte dans le temps, qui évolue en fonction des besoins. On commence avec un simple module hexagonal de 15m2, puis on ajoute, en fonction des besoins, des modules supplémentaires. La maison hexagonale devait être facile à monter, peu cher, flexible et mobile facilement.

Designer industriel à Sandberg Radiofabrikk

Après son diplôme en 1968, il travaille comme designer Industriel pour Tandberg Radiofabrikk. Il y dessinera une grande variété de système audio jusqu’en 1977. Tandberg Radiofabrikk comptait déjà Peter Opsvik et Inger Johanne Fosheim, deux autres figures du design norvégien, dans leurs équipes. Ensemble, ils ont contribué à transformer cette usine pour en faire une entreprise « cool » de bonne réputation technique et de qualité à des prix raisonnables. Tandberg magnétophones a dominé le marché norvégien. Pendant cette période, la masse salariale est passée de 1000 à 3500 employés.

On raconte que c’est sur des magnétophones à bobines Tandberg que le président John F. Kennedy a enregistré de nombreuses réunions dans la salle du Cabinet de la Maison-Blanche, y compris ceux liés à la crise des missiles de Cuba.

Une recherche d’originalité et d’indépendance

Entre 1970 et 1980, au travers de ses propositions, il représente une figure de la nouvelle génération de designers qui contribuent à repousser les codes et les idées de l’âge d’or du design Scandinave. L’époque est caractérisée par des changements socio-culturels importants. Une forme de rébellion et de protestation contre la production de bois sombres représentée par le « design Scandinave » s’installe. Les recherches de Terje Ekstrøm contribuent a insuffler une nouvelle vitalité sur la scène du design norvégien. En effet, depuis le milieu des années 60, les designers norvégiens étaient allés chercher des sources d’inspiration au Danemark ou en Suède, alors que Terje Ekstrøm avait développé un langage unique et montré une sensibilité propre. En 1980, un groupe de designers norvégiens avait célébré le changement dans une mise en scène funéraire en noyant une représentation du « design Scandinave », vu comme une philosophie anachronisme, dans le fjord d’Oslo.

Les années 80 et le Groupe Memphis

Au début des années 1980, Terje Ekstrøm est invité par le ministre de la culture pour une émission télévisée « på plakaten » en compagnie de Annifrid Lyngstad du groupe ABBA et de Peter Opsvik (designer). Son fauteuil « ekstrem » est devenu un succès international et représente une modernité futuriste. Pendant l’été 84, la galerie F15, près de Moss, inaugure l’exposition du Groupe Memphis. Le mouvement postmoderniste international apportait une vision et des idées, dans la notion de fonction, qui ont été autant de stimuli culturelle et de forts débats. La même année, le fabricant Hjellegjerde Mobelfabrikk lance la production en série du fauteuil « Ekstrem » dessiné en 1972. Aujourd’hui, ce fauteuil est perçu comme le première fauteuil figurant la postmodernité norvégienne. Quoi qu’il en soit, son design invite a de multiple interprétation. Elle a été choisie pour figurer dans la série TV « Star Trek Voyager » dans les années 90, soit plus de 20 ans après son design.

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KunstindustriMuseet
St. Olavs gate 1
0130 Oslo