Plastique d’objets usuels & poétiques

A deux pas de l’Atonium, vous apercevrez l’entrée bariolée dessinée par Jean Nouvel, du musée ADAM de Bruxelles. Ouvert depuis décembre 2015, le musée accueille l’impressionnante collection de Philippe Decelle. Une collection constituée d’oeuvres d’art, objets et mobiliers en plastique des années 50 à aujourd’hui.

L’histoire débute lorsque Pierre Decelle commence à collectionner les objets en plastique en réaction au style Régence de ses parents. Il ramasse sa première chaise en 1987 pour ne plus s’arrêter d’amasser et finir par composer un ensemble extrêmement cohérent de plus de 2000 pièces. Une véritable collection qu’il met en scène chez lui, pour le plaisir des amateurs et des connaisseurs, avant de la céder à l’ASBL. Objets rassemblés au fil du temps, il devenait nécessaire d’inventorier, de répertorier, de classer ce trésor unique sur les étagères d’une réserve et d’en prévenir les effets du temps. ADAM est donc fondé et intègre la plus riche collection privée de mobilier plastique actuellement visible en Europe.

La passion d’un collectionneur

Véritable colonne vertébrale du fond, la collection ne peut-être présentée dans son intégralité sur les 1500 m² d’espace d’exposition. Des roulements annuels seront organisés pour permettre de faire vivre le fond et de dynamiser la médiation. Nostalgique de l’Utopie du tout plastique, vous allez enfin pouvoir gouter à la saveur du méthacrylate de méthyle mais avec les yeux seulement. Plexiglas, néoprène, polycarbonate, nylon seront aussi au menu d’un parcours thématique qui rappelle les moments clefs de l’histoire du Design.

Des moments clefs de l’histoire du design

Nous commençons par une première salle de présentation de la chaise Univervale de Joe Colombo, pour découvrir de multiples variations du vase Bambu d’Enzo Mari et finalement se rendre compte que l’on n’a jamais trouvé un ensemble complet de la vaisselle des Vignelli, sur une brocante.

Fonctionnalisme, Pop et New Domestic Landscape

La visite se poursuit avec une large salle et son approche du fonctionnalisme Pop et de la production de masse. Le voyage continue sur le territoire de Wendell Castle, en passant par la plasticité du plastique avec Zelig, pour nous amener au royaume du design Italien dans un portrait admirable de « The New Domestic Landscape ».

Cesare Leonardi et Franca Stagi théâtrale

Dans l’ensemble, le parcours muséal mélange des objets usuels avec des pièces extrêmement rares avec une certaine simplicité très agréable. Nul besoin d’être un spécialiste, la scénographie théâtralise certaine pièce pour les porter au rang de poésie immobile, tel le Dondolo de Cesare Leonardi et Franca Stagi. Vous serez stupéfait. Puis, lorsque vous quitterez l’exposition, un jour…vous rejoindrez l’entrée en passant devant la réserve… Une merveille.

Art & Design Atonium Museum

Avec un budget de fonctionnement annuel de 1 millions d’euros, la direction compte financer ses activités culturelles en majorité par la vente des tickets d’entrée et espère capter 120.000 visiteurs par an. Vous l’aurez compris, le musée ADAM est un peu comme une prescription médicale à prendre deux fois par an !

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ADAM
Place de Belgique
1020 Bruxelles

Escapade design à Berlin ?

Berlin, c’est d’abord une histoire contemporaine, actuelle et aujourd’hui encore, en transformation. Les grues sont omniprésentes, les quartiers en mutations. Depuis le slogan de Klaus Wowereit, (le très populaire et ex-maire social-démocrate) « Berlin, ville pauvre, mais Sexy », les choses ont beaucoup changée.

Tous les quartiers de la ville ont connu le phénomène de « Gentrification », et avec celle-ci, l’apparition de bars, de galeries, de magasins en tous genres et d’une augmentation substantielle des prix. Pourtant, Berlin reste la ville la plus entrepreneuriale actuellement en Europe. Ici, les gens font d’abord avec désir plutôt que pour ce qu’il y aurait à gagner. Cet état d’innocence est maintenu par un marché de l’immobilier abordable (par rapport à d’autres grandes villes comme Paris ou Amsterdam). Il s’agit d’une ville Labo ou l’on peut expérimenter tranquillement ses idées sans avoir à courir après un résultat rapide.

Quelques jours à Berlin ? Ajoutez des « Spots » design à votre carte de la ville !

Arrivé dans la capitale Allemande, vous serez probablement surpris par l’étendue et la taille de la ville. Huit fois grand comme Paris, il faut immédiatement s’organiser pour les déplacements. Rapidement, vous comprendrez que Berlin ne ressemble en rien à une escapade touristique traditionnelle. En grande partie détruite pendant la seconde guerre mondiale, Berlin est avant tout une ville reconstruite, et pour ne rien arranger, reconstruite de deux manières. Alors, si vous cherchez une ville romantique, tranquille et charmante, choisissez plutôt une autre destination.

Bauhaus-Archiv

L’Allemagne et l’école du Bauhaus tiennent une place importante dans l’histoire et le développement du design en Europe. Entre 1919 et 1933, les enseignements dispensés dans cette école, ont probablement été des plus influents pour le XXème siècle. Les Archives du Bauhaus ont pris place, au cœur de la ville, dans un bâtiment dessiné par Walter Gropius lui-même en 1960. Afin de la rendre visible au public, la collection du Musée est actualisée périodiquement de nouvelles pièces souvent extrêmement rares. Vous y trouverez des travaux d’étudiants, des sculptures Oskar Schlemmer, des pièces de Marianne Brandt ou encore le lit d’enfant de Marcel Breuer. La visite est documentée de nombreuses photographies changées périodiquement pour leurs bonnes conservations. Le Bauhaus-Archiv organise aussi des expositions temporaires sur des sujets ou des acteurs qui ont marqué l’école.

Museum der Dinge

Difficile de passer à Berlin sans visiter le quartier de Kreuzberg. Une fois sur place, entre restaurants et pubs berlinois, se trouve le petit Musée des Choses. L’établissement offre une petite collection d’artifacts du XXeme siècle et propose régulièrement des expositions sur le thème du Design ou du Graphisme. L’entrée vous coutera la modique somme de 5 euros, alors, il ne faut pas se priver. En plus, le musée est situé au première étage d’une ancienne usine. Faites un tour dans les deux cours intérieures pour en apprécier l’architecture.

Les marchés et les brocantes

BerlinLe 30 avril à Berlin, on danse jusqu’au 1er mai, qui est aussi le jour de la grande brocante. Plus de 700 exposants, particuliers et professionnels se retrouvent au pied de la célèbre OstBahnhof, à deux stations d’AlexanderPlatz, à partir de 8 heures. Et attention, il y a un rattrapage, pour ceux qui ont louper la dernière session : Le 3 octobre. + d’infos Le dimanche matin, c’est “Brunch et Brocantes”. Les classiques du dimanche : ArkonaPlatz (PrenzlauerBerg) & Boxhagener platz (Friedrichshain). Pour les chercheurs d’or : Strasse der 17 Juni (l’Officiel sur le week-end) Ostbahnhof & Mauer Park.

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Bauhaus-Archiv
Klingelhöferstraße 14
10785 Berlin

Octobre et le Design Français

Avec l’ouverture de la FIAC, les galeries parisiennes spécialisées dans le mobilier Design Français sont à l’honneur. La galerie Meubles et Lumières propose, à partir du 17 octobre, une exposition sur le luminaire Français des années 50 et la galerie Pascal Cuisinier retrace 10 années d’exposition à partir du 19 octobre. Une belle occasion pour une découverte parisienne.

Jousse Entreprise

A deux pas de la Galerie Pascal Cuisinier, vous retrouverez Jousse Entreprise, qui pour la Fiac, proposera une thématique en lien avec la parution du livre d’Antoine Philippon / Jacqueline Lecoq.

Galerie Jousse Entreprise, Rue de Seine, Paris.

Galerie Alexandre Guillemain

Depuis 1999, la Galerie Alexandre Guillemain est spécialiste du design et des Arts décoratifs de la seconde moitié du XXème siècle. Au sein de ses 2 espaces d’exposition au cœur de Saint-Germain des Prés, elle propose une sélection rigoureuse de mobilier et d’objets d’art sans cesse renouvelée. La Galerie Alexandre Guillemain expose à ce titre des designers et des artistes de renommée internationale.

Jusqu’au 26 octobre, entrée dans l’appartement d’un collectionneur à la Galerie Alexandre Guillemain. 35, rue Guénegaud. 75006 Paris

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Galerie Pascal Cuisinier

La galerie Pascal Cuisinier est spécialiste de la génération des premiers designers français.

Parmi eux P. Guariche, J.A. Motte, M. Mortier, G. Dangles et Ch. Defrance, A. Philippon et J. Lecoq, J.Abraham et D. Rol, A. Monpoix, A. Richard, R.J. Caillette, ou encore P. Paulin. Depuis 2006, elle défend leurs créations conçues entre 1950 et 1961 ainsi que celles des meilleurs créateurs et éditeurs de luminaires français de l’époque (P. Disderot, R. Mathieu, J. Biny).

Située rue de Seine, en plein coeur du quartier de Saint-Germain-des-Prés, la galerie contribue à révéler l’esprit d’avant-garde de ces jeunes créateurs et leur importance dans l’histoire des arts décoratifs français.

Galerie Pascal Cuisinier. Rue de Seine, Paris.

Galerie Meubles & Lumières

Propose pour l’automne, une exposition sur le luminaire des années 50 (Voir article précédent).

Galerie Meubles & Lumières, Paris.

Le luminaire Français des années 50

La lampe électrique à aujourd’hui 140 ans. C’est le 21 octobre 1879 que Thomas Edison réussit à faire fonctionner pendant quarante heures la première lampe à incandescence à filament de coton carbonisé.

L’innovation : La lampe

En 1809, un chimiste anglais découvre la lampe à arc électrique, mais le monde doit la découverte et surtout le développement industriel de la lampe à incandescence à T.A. Edison et J.W. Swan. Avec l’arrivée de l’électricité, l’éclairage ne cessera d’évoluer. Cette lampe est à l’origine du prodigieux essor de l’éclairage. Elle a transformé le rythme de la vie humaine, grâce aux heures d’activité qu’elle a fait gagner sur la nuit.

Les progrès techniques qui seront réalisés dans le domaine de l’acier permettront à toutes les industries d’améliorer la qualité de leurs outils (en coupe) mais aussi d’abaisser les prix de revient.
On notera, de plus, l’arrivée et l’usage des matériaux synthétiques, mis au point par les industries chimiques avant la seconde guerre mondiale, à partir de 1949 en France.

Le développement

De 1950 à 1980, poussé par l’innovation et la mise au point de nouveaux matériaux, le style moderne fait son apparition. Il permet à une distribution nouvelle de se developper en proposant des tarifs accessibles et en offrant une disponibilité rapide. Cette forme d’organisation de la production et de sa distribution répond immédiatement à la demande forte des trente glorieuses.

La décennie 1950 connaîtra en France une période de croissance économique et technologique qui touchera tous les secteurs d’activité et la décoration d’intérieur. Les habitations modernes voient naturellement apparaître des systèmes d’éclairage qui correspondent aux nouvelles manières de vivre et d’habiter son intérieur.

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Lampadaire base étoile de Robert Mathieu
Articulation de formes et de fonctions

Un rapprochement se fait entre créateurs et industriels. Les pièces sont maintenant produites en petites série en appliquant les avancées de l’industrie. Nouveaux procédés, nouvelles techniques mais aussi nouveaux matériaux tels le perspex, le rotaflex, le métal perforé…

Les créateurs français qui dessinent ces modèles comme Pierre Guariche, Michel Buffet, Jean Boris Lacroix, Louis Baillon, Charles Ramos, Joseph André Motte, Michel Mortier… trouveront une oreille attentive auprès des grands éditeurs que sont Disderot, Caillat, Arlus, Lunel, Lita et autres.

L’on verra apparaître des appliques potence, des lampes de bureau ou des suspensions à contrepoids.

Des changements certains

La période donnera naissance aux éclairages multiples (nombreux bras, articulés ou non), à l’utilisation de la rotule (qui permet d’orienter la lumière), de la poulie, de contrepoids, systèmes, éclairages indirects, lampes à déplacer, apparition de couleurs primaires, graphique, jeux de lumière…

La Galerie Meubles et Lumières rendra hommage à cette intense période de création en présentant du 17 octobre au 30 novembre, une sélection de luminaires français de la décennie 1950 illustrant la multiplicité du répertoire formel de cette période riche et novatrice.

Le luminaire Français des années 50
Exposition du 17 octobre au 30 novembre 2019.

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Galerie Meubles et Lumières
58 rue Mazarine
75006 Paris

Arrêt sur Design

Pour la 10ème édition d’Undesignable Market, une dizaine de portraits de marchands fidèles sont exposés. Ils incarnent l’esprit d’une brocante populaire et accessible à tous.

Carte Blanche à Frédéric Leloup

Pour cette édition anniversaire, nous avons voulu fêter le succès de Undesignable Markets, (débuté en octobre 2015), avec Frédéric Leloup, photographe à Parisian Clichés. Frédéric suit nos évènements et les exposants depuis bientôt 2 ans. Il a réussi à extraire, au travers de 10 portraits, toute la passion qui anime ce secteur et surtout celles de nos exposants.

Une exposition d’un jour !

Installée sous les arcades de la faculté des sciences de Pierre & Marie Curie pour une journée, venez découvrir, à travers cette exposition éphémère, un univers de passionnés, de marchands fous de mobilier vintage, venus des quatre coins de la France, d’Allemagne, de Suède et de Hollande. Des professionnels amoureux du Design vintage et dotés d’un contact facile pour partager des idées et demander un conseil.

C’est où ? C’est quand ?

Dimanche 13 octobre 2019 à partir de 9h jusque 17h
Sous les arcades de la faculté des Sciences Pierre & Marie Curie
Rue des fossés Saint-Bernard, 75005 Paris.
Métro : Cardinal Lemoine ou Jussieu

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Parisian Cliches
27, bis rue de l’Abreuvoir
92100 Boulogne-Billancourt

Utopia : Art & Design Italiens

En concomitance avec l’ouverture prochaine de la FIAC 2019, l’architecte Charles Zana et la galerie Tornabuoni Art inaugureront « Utopia », un projet unique qui créera des connections entre l’art italien d’après-guerre et le design.

Cette exposition, imaginée et scénographiée par l’architecte Charles Zana en collaboration avec Tornabuoni Art, se fonde sur l’idée d’un dialogue, comme les précédentes expositions mises en scène par l’architecte.

Le dialogue se révèle au fil des salles de l’exposition, dont le titre est inspiré par la lampe Utopia créée par l’architecte Nanda Vigo en 1970. Cette lampe iconique prend la forme d’un cadre ouvert sur le monde telle une lumière projetée sur l’essentiel.

« Avec Utopia, j’ai voulu montrer combien les différents mouvements d’avant-garde italiens ont bouleversé l’histoire de l’art et du design du 20ème siècle » explique Charles Zana. « Cette incroyable effervescence créative d’artistes et architectes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale a donné naissance à ce qui n’avait jamais eu lieu auparavant, et j’ai rêvé de cette utopie ».

L’exposition proposera une exploration originale des relations entre les plus grands artistes et architectes italiens des années 1950 aux années 1970, à travers une quarantaine d’œuvres d’art et de design ou mobilier. Peintures et sculptures dialogueront pour révéler les aspirations communes et l’esprit expérimental de cette génération visionnaire qui a cherché à réinventer l’Italie dans les décennies qui ont suivi la guerre.

Du 18 octobre au 21 décembre 2019, l’historique hôtel particulier de Tornabuoni Art sera transformé en une série de salons intimes qui créeront des « couples » d’œuvres d’art et de design. Ces mises en scène présenteront des scénarios imaginaires, posant des questions telles que « Que se passerait-il si Giorgio de Chirico et Ettore Sottsass parlaient un même langage métaphysique ? Que dire aussi des parentés secrètes entre Lucio Fontana et Carlo Mollino qui partagent une même quête d’absolu ? »

Pour la première fois, les liens entre de nombreux artistes et designers : Gino Sarfatti et Paolo Scheggi, Carlo Scarpa et Dadamaino, Enrico Castellani et Nanda Vigo, Michele de Lucchi et Alberto Burri, pour n’en citer que quelques-uns, seront révéllé. Une salle entière sera dédiée à l’artiste Mario Ceroli, dont l’art se situe à la frontière des deux disciplines.

Que ce soit une même vision du temps, une même préoccupation de la place de l’homme dans la nature, une même insouciance ou profondeur ou un même vocabulaire poétique qui relie le profane et le sacré, ces architectes et artistes italiens révèlent dans cette exposition leur extraordinaire capacité à bouleverser les frontières entre l’art et le design.

Exposition du 18 octobre au 21 décembre 2019. Paris.

Galerie Tornabuoni Art
Passage de Retz. 9 rue Charlot
75003 Paris

Living With Charlotte Perriand

À l’occasion de la sortie du livre Living with Charlotte Perriand, dans lequel François Laffanour célèbre 40 ans de galerie et en parallèle de la rétrospective qui sera consacrée à Charlotte Perriand à la Fondation Louis Vuitton en octobre 2019, la Galerie Downtown présente une nouvelle exposition sur Charlotte Perriand en septembre 2019.

« Toutes les expositions que j’ai consacré à Charlotte Perriand n’ont fait qu’augmenter le plaisir et l’attachement que j’ai pour son oeuvre. La sérénité et la force que je pressentais en achetant ma première table « à gorges », ne cesse de se renouveler et d’amplifier ma conviction que ces meubles, ne sont pas seulement des objets, mais de fidèles compagnons au dialogue silencieux mais réel, gardiens d’un savoir et d’une sagesse très inspirants. » François Laffanour.

Figure majeure du design d’intérieur au XXe siècle, Charlotte Perriand (1903-1999) fut une pionnière qui, pendant 60 années de créativité, suivit une ligne de pensée politique et éthique qui aboutit à une forme d’habitation adaptée à l’homme moderne. Forte de son «Bar sous le toit», acclamé lors du Salon d’Automne de 1927, alors qu’elle était jeune diplômée de l’Union centrale des arts décoratifs âgée de 24 ans, elle rejoint le club fermé de l’avant-garde française.

Avec ce nouvel évènement, François Laffanour démontre une fois de plus le génie de Charlotte Perriand au travers de ses différentes créations qui seront exposées dans une mise en scène reproduisant l’intérieur d’un collectionneur. Cette présentation mêlera l’art contemporain au design d’après-guerre, composé de ses pièces iconiques.

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Ses formes minimales, sa subtilité et la puissance de ses meubles aux inspirations puisées à travers ses différents voyages, ses différentes découvertes séduisent les collectionneurs du monde entier. Fasciné par le travail de cette artiste pionnière moderne, François Laffanour conserve chevillé au corps cette ambition de défendre et partager son travail depuis ses premières années au Marché Paul Bert Serpette dès 1979, jusqu’à aujourd’hui dans les plus grandes foires internationales et à la Galerie de la rue de Seine.

“Living with Charlotte Perriand”
Exposition du 26 septembre 2019 au 2 novembre 2019

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Laffanour Galerie Downtown, Paris
18, Rue de Seine
75006 Paris

George Nakashima, Designer Singulier

Une exposition à la galerie Alexandre Guillemain rassemble une quarantaine de pièces de George Nakashima. Encore méconnu en Europe, c’est une occasion unique de découvrir sièges, tables basses ou guéridons, marqués d’une signature très particulière.

Quatre ans de travail ont été nécessaires à Alexandre Guillemain pour rassembler le matériau de son exposition monographique, consacrée au designer George Nakashima (1905-1990).

“Ces pièces sont rares, car il travaillait sur commande, produisant des pièces uniques”, détaille Alexandre Guillemain, directeur de la galerie Alexandre Guillemain. “Je suis sensible à la fois à son mobilier et à son expérience de vie, qui sont intimement liés. C’est un autodidacte : architecte de formation, il est interné en 1944 dans l’Idaho, apprend l’ébénisterie et s’installe en Pennsylvanie pour commencer à réaliser du mobilier.”

Considéré comme l’un des maîtres du mouvement Art&Craft américain, George Nakashima accordait une attention singulière aux imperfections du bois, dont il se servait pour élaborer ses meubles, “ce sont les assemblages, minimalistes, qui font que l’ensemble tient”. Dans les années 1940, l’ébéniste travaille pour Knoll, avant de réaliser des commandes pour Widdicomb-Muller.

L’exposition de la galerie Alexandre Guillemain rassemble une quarantaine de pièces de cet artiste encore méconnu en Europe. C’est donc une occasion assez unique de découvrir ses sièges (rocking-chair, chaise tripode, chauffeuse, banc) en cerisier ou noyer d’Amérique, ses tables basses ou guéridons, marqués de sa signature très particulière : une agrafe en forme de papillon, qui joint les pièces de bois de ses assemblages.

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Galerie Alexandre Guillemain
35, rue Guénegaud
75006 Paris

L’ornement est un crime

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Par Achille, le 30 Jul 2018

La Cité du design et le Musée d’art moderne et contemporain (MAMC+) de Saint-Étienne Métropole proposent un accrochage de la collection de design du MAMC+. Riche d’une centaine de pièces majeures, L’ornement est un crime met en lumière l’interdit qui frappe l’ornement dans la production artistique au XXe siècle (1910-1970). Considéré comme inutile, bourgeois et primitif, l’ornement est, pour les tenants de la modernité, « une survivance du passé », un archaïsme barbare qu’il faut éradiquer.

L’ornement est partout, de la façon la plus naturelle qui soit, dans la façon d’agrémenter nos corps, d’embellir nos maisons et de fleurir nos villes. Pourtant, au début du XXe siècle, l’ornement fait l’objet d’un rejet radical. Dans Ornement et crime, publié en 1908, l’architecte et designer autrichien Adolf Loos condamne avec violence « l’instinct d’orner », « signe d’une sensualité bestiale » et d’un état inférieur de la civilisation.

À la tête du mouvement moderne, Le Corbusier dénonce l’ornement comme un stigmate moral et un parasite économique. Il faut l’éradiquer au profit d’un art pur, honnête et vrai. Ce rejet unanime est d’abord orienté contre la culture du XIXe siècle. Les intérieurs du siècle passé sont assombris de lourds rideaux et de tentures, de sièges rembourrés et capitonnés, où se réfugient les microbes et la poussière, d’une profusion de bibelots dont la folle accumulation s’alourdit d’un bric-à-brac de références à tous les styles du passé.

Pour les pères de la modernité, cette surenchère ornementale a failli à créer la culture de son époque, à donner sa forme au présent. Loin d’être un simple agrément du regard, la question de l’ornement porte, pour tous les pères de la modernité, un enjeu de civilisation. Au début du XXe siècle, les modernistes affirment la puissance du simple. On déshabille l’objet de ses tapisseries et de ses passementeries pour en montrer l’ossature. On emprunte à l’industrie ses matériaux et ses modes de fabrication à la chaîne. On réduit au maximum le nombre d’éléments constitutifs d’un meuble au profit d’un conditionnement et d’un assemblage rapide. L’heure est aussi aux nouveaux matériaux, au béton, au métal, au verre, à la toile tendue, autant de médiums traditionnellement réservés aux lits d’hôpitaux et aux bicyclettes. Les designers revendiquent un style géométrique, qui fait la part belle à la ligne droite, aux couleurs primaires et à la structure de l’objet. Ce faisant, ils dessinent un art inédit, solidaire de la science et porteur d’un nouvel art de vivre, où le beau découle désormais de l’utile.

Cette théorie de l’art, qui cherche avant tout l’essence intemporelle au-delà des apparences malignes, renoue avec une certaine forme de platonisme, mâtinée d’un idéal démocratique : autrefois réservée à de riches commanditaires, la production ornementale est perçue comme un facteur d’inégalité sociale. Sa disparition prélude à la fabrique d’un monde plus juste. Pourtant, l’interdit fondateur de la chose ornée est vite contourné par les modernistes et leurs épigones. Le culte de la belle ligne et des surfaces lisses, l’agencement rythmé de carrés de couleur, l’attention portée à la beauté des matériaux, affirment tous la puissance du régime décoratif. Nul n’échappe à l’ornement qui loin de disparaître ne fait que changer de forme. Le mobilier réduit à son support, dépourvu de décor, devient l’ornement de la maison.

Accélération

La Deuxième Guerre mondiale sera un accélérateur de la doctrine fonctionnaliste. Il faut bâtir vite et en nombre pour reloger les français. La lutte contre l’insalubrité des logements est au cœur des préoccupations. Le dogme de la simplicité est désormais une nécessité. L’ornement est sacrifié sur l’autel de la reconstruction. Les années 1950 sont les héritières de ces bouleversements. Le début des Trente Glorieuses et l’avènement de la société de consommation précipitent le passage de l’artisanat à l’industrie, de l’objet individuel à l’objet de série. Le fonctionnalisme géométrique des années 1930 est néanmoins tempéré par l’avènement des formes libres, curvilinéaires et biomorphiques, qui s’appliquent aussi bien au mobilier qu’aux objets de la vie domestique. La période des années 1960 est le temps de toutes les révolutions : morale, politique, scientifique, mais aussi esthétique. Le monde des arts appliqués n’échappe pas à ces bouleversements. La doctrine fonctionnaliste, désormais dominante, est perçue par la nouvelle génération de designers comme un nouvel académisme. Cette révolution du regard se traduit par le retour des couleurs pop, des courbes et des arrondis généreux, ainsi que la réhabilitation des tapisseries et des mousses. C’est une nouvelle adolescence qui affleure et prépare la réhabilitation de l’ornement, sous l’angle du baroquisme, de la fantaisie et de la bouffonnerie.

Par Agnès Lepicard.
Commissaire de l’exposition.

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Cité du Design
3, rue Javelin Pagnon
42000 Saint Etienne

Sarfatti, Nelson, Scarpa Chez Christine Diegoni

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Par Achille, le 01 Oct 2018

Depuis presque 30 ans, la Galerie Christine Diegoni défend le travail et les créations de designers italiens et américains de la période 1950-1980.

C’est au printemps 2008 que la galerie proposa la première exposition du créateur italien Gino Sarfatti (1912-1985). Cet évènement a largement contribué a lui construire une solide réputation. La publication d’un ouvrage monographique, aujourd’hui devenu une référence du travail de Gino Sarfatti, viendra confirmer la capacité de la Galerie a relever des personnages historiques.

Christine Diegoni

Christine Diegoni nous propose, une nouvelle ballade dans l’histoire des luminaires du XXème siècle au travers d’une sélection fine d’objets d’exceptions. La galerie présente jusqu’au 21 octobre une sélection de luminaires et de meubles rares des années cinquante aux années quatre-vingts.

Parmi les pièces proposées, on notera une suspension n°2077 en méthacrylate, produite en 1954, et une suspension en métal laqué noir et perspex translucide, éditée dans les années cinquante par Arteluce. Au côté des luminaires de Gino Sarfatti, un fauteuil T-chair président de William Katavolos (né en 1924). Une rare et superbe pièce en métal chromé et cuir tendu, conçu avec les américains Ross Litell et Douglas Kelley puis éditée en 1952 par Laverne international. Une applique « Capricorno » de 1973 du designer italien Tobia Scarpa a été éditée par Flos. Un luminaire d’une rare élégance à la structure épurée est composé d’un simple tube néon embrassé par deux lames orientables en métal laqué.

Enfin la galerie posera une attention sur le travail de deux grands représentants du design italien des années quatre-vingts, Ettore Sottsass (1917 – 2007) et Vico Magistretti (1920 – 2006), avec la lampe à poser Monet n°210 et le lampadaire Colonna éditée par Memphis (1988).

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Galerie Christine Diegoni
47 ter, rue d’Orsel
75018 Paris