Philippe Starck : Strictement Capricorne !

Philippe Starck a brillé dans le ciel du design des années 80. Loin d’être une étoile filante, son œuvre est présente aujourd’hui dans de nombreuses expositions et musées. Il collectionne les trophées, en gardant dans la manière de s’analyser, une certaine humilité et une grande dose d’originalité.

Philippe Starck, designer de mobilier

Au début de sa carrière, en 1968, il fonde une première entreprise qui réalise des objets gonflables. Il devient connu du grand public comme designer au début des années 80. Au fil des ans, Philippe Starck s’est transformé en designer d’affaires, d’image, de communication et de marketing au rayonnement international.

En 1979, il fonde Starck Product, qu’il rebaptisera Ubik (comme ubiquité) en référence au roman de Philip K. Dick. C’est dans les années 80 qu’il concevait pour la société italienne Driade des meubles comme la table pliante “Tippy jackson” (1982) ou “Titos Apostos” (1985). En France, il créera des collections de meubles pour la vente par correspondance des 3 Suisses (1984).

Starck a su tirer parti de la dimension people dans les médias. C’est l’un des premiers à avoir intégré, dans le domaine du design, l’utilisation du pouvoir médiatique. Son activité de designer s’est largement accrue durant cette période et a été un tremplin à sa carrière.

Attiré par la production de série, il crée, dans le domaine du design industriel, pléthore d’objets les plus divers : objets ménagés pour Alessi, dont un célèbre presse citron “Juicy Salif” ; des brosses à dents pour Fluocaril aux éléments de salle de bains (pour Duravit, Hansgrohe, Hoesch, Axor) ; des pâtes alimentaires pour Panzani ou encore du mobilier urbain pour JCDecaux.

Il obtient, toujours en 1980, l’Oscar du luminaire avec la lampe “Easy Light”. Dès cette période, ses activités se partagent entre la création d’objets industrialisés, principalement des meubles, et l’architecture intérieure.

De la scénographie pour le CGP à l’architecture intérieure

Philippe Starck a mis en scène plusieurs expositions thématiques qui ont contribué à la renommée internationale de son œuvre. Comme, par exemple : « Design français 1960-1990, trois décennies » à Paris, avec la collaboration de Philippe Delis, au Centre Georges-Pompidou (1988). On lui doit aussi plusieurs clubs de nuit comme “Le chalet du Lac”, “La Main bleue” (1976), “Les bains douches” (1978) ou le “Starck-Club” (1984 à Dallas).

Tout au long des années 80, il déploiera son talent d’architecte d’intérieur. En 1984, il réalise pour le café Costes à Paris, l’un des plus célèbre aménagement d’intérieur, qui lui permet de nouvelles créations de meubles à succès, dont la fameuse la chaise Costes. Une chaise étroite et mince à 3 pieds dont “les 400 pieds en moins sont 400 occasions de moins, pour le garçon de café, de se foutre la gueule en l’air”, dira-t-il plus tard.

Sa renommée devient internationale grâce au succès du café Costes, qu’il remaniera plusieurs fois par la suite. (Le Café Costes est aujourd’hui disparu).

C’est en 1982, le président François Mitterrand, sur la recommandation de Jack Lang, ministre de la Culture, choisit Philippe Starck pour son projet pour la décoration des appartements privés du palais de l’Élysée. Il aménagera notamment la chambre de Danielle Mitterrand. Pour cette occasion, il dessine des meubles, dont le célèbre fauteuil-club “Richard III”. Un fauteuil qui lui permet de montrer comment, en analysant un parfait symbôle, on parvient à se débarrasser de la charge “petite-bourgeoisie” et à proposer une image de l’état post-moderne du monde.

Starck a également conçu la vasque et la flamme olympique des Jeux Olympiques d’hiver de 1992 à Albertville, ainsi que les panneaux “Histoire de Paris” (parfois appelé pelle ou sucette Starck) implantés en 1992, sous le dernier mandat municipal de Jacques Chirac.

Quand Philippe parle de Starck…

« J’ai quitté l’école en 4ème, je suis un homme des bois, je ne sais pas écrire, je ne connais pas mes tables de multiplication ni mon alphabet, j’ai un petit manque général de culture…». Malgré cela, c’est lui qui décide finalement de son avenir. Pas artiste du tout, il est « une éponge, un magma », dit-il aujourd’hui, capable de restituer avec précision une position morale dans le champ du design.

Encyclopédiste à sa manière, il s’approprie l’histoire du design et s’en sert quotidiennement, non comme un chercheur mais comme un acteur qui utilise les mimiques (gimmicks) qu’il croise sur son chemin pour nourrir l’humanité.

Starck se dit « producteur agitateur » et s’exprime au travers de la matière, insufflant une âme à ce qui l’entoure. “Subversif, éthique, écologique, politique, humoristique… C’est ainsi que je vois mon devoir de designer“.

Le design démocratique, le mot d’ordre d’un créateur populaire

Starck s’est principalement consacré à la création en série de produits de consommation courante avec son concept de “design démocratique”. L’objectif consiste à faire “baisser le coût, augmenter la qualité puis diffuser et donner le meilleur auprès du plus grand nombre”. A travers ce concept, Starck est apparu comme un pionnier dans une période où le design était destiné exclusivement à une élite. « Le populaire est élégant, le rare est vulgaire », dit-il.

Le designer cherchera à mettre en œuvre cette idée utopique en utilisant le canal de la vente par correspondance, avec les 3 Suisses, afin d’atteindre un large public.

Depuis plus de 30 ans, ce créateur, auteur de milliers de projets, s’est toujours placé en dehors des conventions. Avec son infatigable inventivité protéiforme, Starck s’engage au service d’une vision : “que la création, quelle que soit la forme qu’elle prenne, rende la vie meilleure pour le plus grand nombre”.

Starck, c’est un répertoire varié de design exceptionnel. On retient plusieurs modèles majestueux qui ont marqué la carrière d’un designer contemporain décidément à part entière :  les enceintes Zikmu et le casque ZIk de Parrot, les couteaux Laguiole dont le dernier « Log », la Freebox Révolution, les lunettes Starckeyes de Mikli, la luxueuse lampe “Marie Coquine” de Baccarat ou encore le disque dur Starck Desktop de LaCie.

Il a conquis un vaste marché et rendu son style familier. Il emploie fréquemment le ton de l’humour pour nommer ses créations (fauteuil « Ploof », tabouret « Dadada », chaise « Boom »). « Le plus bel exemple quotidien de la relativité, le plus beau symptôme de l’intelligence humaine, c’est l’humour. […] Un design sans humour n’est pas humain. Le mot «beau» ne veut rien dire. Seule la cohérence compte. Un objet, design ou pas, est avant tout un objet qui réunit tous les paramètres de l’intelligence humaine, qui réconcilie les contraires. Le manque d’humour est la définition de la vulgarité.» détaille-t-il.

Un créateur couronné de récompenses et de distinctions

En novembre 2016, lors d’une cérémonie officielle au Palace Hotel de Madrid, Philippe Starck a été honoré du titre de “Homme de l’année 2016” par le magazine GQ, dans la catégorie « designer contemporain le plus influent ». Cet award récompense son œuvre visionnaire d’aujourd’hui et celle de demain. Philippe Starck a été récompensé par de nombreux prix et “awards”, en France, aux États-Unis ou en Italie. Il a notamment été désigné « Créateur de l’Année », obtenu le Grand Prix du Design Industriel, l’Oscar du Design, Compasso d’Oro…

Ses rêves sont des solutions si essentielles qu’il a été le premier français à être invité aux conférences TED (Technology, Entertainment & Design) aux côtés de participants renommés tels que Bill Clinton ou Richard Branson.

Pour lui, le design n’est pas qu’une question de production d’objets quotidiens, mais aussi un acte de création qui intègre passions, désirs, motivations, questions et interrogations, perception globale de notre environnement et du monde.

Sources :

_ Raymond Guidot, Histoire du Design 1940-2000, Hazan, Paris, 2000.

_Chloé Braunstein-Kriegel, Les années Staudenmeyer : 25 ans de design en France, NORMA, Paris, 2009.

_ Catalogue d’exposition du Mobilier National, 1964 MOBILIER NATIONAL 2004 40 ANS DE CREATION, Réunion des Mureaux Nationaux, Paris, 2004

Pourquoi acheter « Vintage » ?

C’est certain, il y en a des raisons d’acheter d’occasion ou « d’aller chiner » comme on dit. D’abord, chiner est une expérience qui se réalise en extérieur, au grand air. Ah oui et en plus, « c’est le week-end, mais il faut se lever tôt », vous a-t-on dit… « mais bon, pas toujours », a-t-on rajouté.

L’important est de prendre le temps de comprendre quels sont les objets les plus utiles pour votre cadre de vie, votre intérieur… ensuite de vous laisser guider par votre intuition. Quoi qu’il en soit et en dehors de la tendance écologique (qui reste toutefois importante), « aller chiner » reste une expérience intéressante pour votre corps et votre esprit. Cela vous engage physiquement et vous libère la tête !

1) Vous soignez le style de votre intérieur

Et oui, lorsque vous chinez et que vous dénichez une pièce atypique, vous développez votre style, un style unique et qui vous ressemble. Vous vous souvenez, lorsque vous êtes allés à la soirée crêpes de votre collègue et que vous avez vu votre table basse et votre fauteuil dans son salon… Les « intérieurs tendances » que l’on voit sur instagram… c’est pas pour pour vous.

Vous, ce que vous aimez, c’est chiner la perle rare, trouver des pièces que vous ne verrez chez personne d’autre et de vous créer un style unique qui correspond à votre personnalité. 

Crédit photo : Parisian Clichés

2) Vous faites des économies

On ne le dira jamais assez : L’occasion, c’est moins cher que le neuf. C’est un aspect non-négligeable dans la démarche d’achat. De manière générale, le mobilier du XXème est à prix vraiment réduit. 

Certes, vous pouvez trouver de pièces anciennes signées ou de très bonne facture à un prix plus élevé, mais de toutes les façons, ce sera toujours beaucoup moins cher que pour une pièce similaire neuve. 

3) Vous pensez à la planète, car « Chiner », c’est éthique !

C’est probablement la raison principale qui vous pousse à sortir de bonne heure un matin de week-end. Pour vous aussi, « chiner » c’est éthique.

Quand on voit les désastres écologiques et humain de la production industrielle, la mode et la consommation grand public… Personnellement, je suis devenu réticent à franchir la porte d’une grande enseigne avec pignon sur rue… En chinant, non seulement, vous protégez vos économies des gloutons de basse qualité, mais en plus, vous œuvrez pour la planète.

Et oui, sélectionner les pièces nécessaires et utiles, faire des choix… réduire ses achats de neuf, c’est demander un ralentissement de production. Et puis, chiner un objet, une table basse, des chaises ou encore un luminaire, c’est une façon de recycler des pièces destinées à l’abandon et de leurs donner une seconde vie.  C’est toujours un bon geste réalisable à notre échelle. 

4) C’est bon pour l’économie circulaire

« Une économie circulaire, c’est une économie qui fonctionne en boucle, de la conception à la fin de vie du produit ». C’est sur cette dernière étape que le rôle des antiquaires du XXème entre en jeu. Les marchés de mobilier du XXème, les « DesignMarkets » s’inscrivent dans cette notion de développement durable. En achetant d’occasion, vous vous positionnez sur le créneau d’une pièce durable et non, jetable.

5) La qualité est au rendez-vous

« On le sait, ce qui était fabriqué avant était beaucoup plus résistant qu’aujourd’hui, du Nokia 3310 à votre bonne vieille gameboy, le temps ne semble pas avoir d’emprise sur leur fonctionnement ». Pour le mobilier, c’est la même chose. J’ai une table basse datant des années 60 qui est quasiment intacte, mes chaises, datées 1978, sont toujours ok. Vous y penserez la prochaine fois que vous démonterez votre armoire lors de votre prochain déménagement !

6) Le rapport à l’objet est différent

En acquérant une pièce vintage, on se demande quelle est son histoire, qui était le designer, son ancien propriétaire… C’est une relation très différente qu’avec une table ou un fauteuil neuf. L’histoire et l’authenticité de la pièce les rendront toujours plus précieux.

Le PAD de Londres reporté à l’automne 2021

Après avoir consulté les membres du Comité de Sélection et obtenu un retour des exposants, l’organisateur a été décidé de reporter l’édition du PAD LONDRES à l’automne 2021.

Les conditions sanitaires, les difficultés actuelles et les recommandations du gouvernement, ne permettent pas à l’organisateur une proposition d’évènement qualitatif dans des conditions stables.

En savoir plus ?
https://www.pad-fairs.com/

Charles et Ray Eames : Genèse d’une coque révolutionnaire !

Les chaises de Charles & Ray Eames sont probablement les assises de design d’après-guerre les plus connues du public. Icônes des magazines de décoration, elles sont devenues représentatives d’un véritable engouement pour cette époque. Le travail et les modèles réalisés par Charles et Ray Eames constituent d’ailleurs souvent le point d’entrée d’une future passion. Revenons sur l’histoire de cette fameuse coque !

“Les détails ne sont pas des détails : c’est ce qui fait le produit.” CHARLES EAMES

Charles et Ray Eames ont considérablement influencé l’histoire du design du XXème siècle grâce à une vision révolutionnaire, tant dans les formes que dans les matières utilisées. Ils laissent derrière eux une empreinte forte sur les jeunes designers contemporains du monde entier.

1939 : le début des recherches

C’est en 1939 que Charles et Ray Eames participent à leur premier concours, lancé par Eliot Noyes, responsable du design pour le MoMA. Leur proposition mêlait le caoutchouc, le contreplaqué courbé et le métal. Ils gagnèrent le concours mais le projet ne vit jamais le jour sur le marché, notamment à cause de la guerre et de l’arrêt des recherches sur les matériaux innovants. Ce qui n’empêcha pas les Eames de poursuivre leurs recherches sur le contreplaqué, et de travailler sur des matériaux innovants pour l’armée américaine, notamment en concevant des atèles. Cette période marquera leurs travaux futurs, portés sur la  nouvelle technologie dans le but d’obtenir de la haute qualité à bas prix.

1948 : un concours qui présage du succès

C’est ainsi que, encore une fois grâce à l’élan D’Eliot Noyles,  ils travaillèrent à une proposition pour le « International competition for Low Cost Furniture Design » – le concours international pour la conception de meubles à bas coût – annoncé officiellement le 5 janvier 1948. Ce concours apparaît dans un contexte où les inquiétudes devant le fait que, bien que le gouvernement et les industries mondiales mettent l’accent sur le problème du logement abordable, une attention minimale est accordée à la «conception et la production de mobilier bon, bon marché et attractif».

Les designers étaient encouragés à utiliser de nouveaux matériaux, outils et méthodes de production en vue d’améliorer la production de mobilier de qualité, et bon marché, pour la maison moderne. Le point culminant de l’exercice se traduirait par une exposition prévue au Musée d’Art Moderne de New York en 1949, ainsi que la distribution des meubles primés dans les établissements de vente associés au Projet de Design du Musée.

Le 18 janvier 1949, Nelson A. Rockefeller (Président du Musée d’Art Moderne décerne des prix aux lauréats du Concours International des Meubles à Faible Coût, déclarant que les dessins représentaient «une réelle contribution à l’amélioration des niveaux de vie».

Charles et Ray Eames, en collaboration avec une équipe d’ingénieur de l’Université de Californie de Los Angeles (UCLA), avaient développé une série de chaises en acier estampées. L’estampage de métal (un procédé de façonnage du métal) étant dans l’opinion de Charles Eames “la technique synonyme de production de masse dans ce pays ” Ils gagnèrent le deuxième prix de la compétition dans la section « sièges » et recevront $2500.

Mais Charles et Ray Eames avaient également proposé « La Chaise », une méridienne librement inspirée d’une statue figurative du sculpteur Gaston Lachaise “Floating Figure” (1927). Cette chaise longue, présentée en acier (pas en fibre de verre), considérée comme trop « spécialisée dans l’utilisation » et trop coûteuse à fabriquer à l’époque, reçut toutefois une mention honorable. Les juges avaient appréciés sa construction “frappante, belle et inventive”.

1949 : naissance de la première chaise en plastique apparent… au monde !

Comme le destin le voulait, les coûts de production des chaises métalliques estampées se sont avérés être beaucoup plus élevés que prévu et le processus de production plus compliqué. C’est donc très vite que les Eames s’attachèrent à présenter une nouvelle chaise, développée avec Zenith Plastic –- pour faire baisser les coûts de production.

Alors que les plastiques et similaires n’avaient jamais été une option possible pour le mobilier, l’évolution de la technologie de la fibre de verre, largement entreprise par les militaires américains pendant la Seconde Guerre mondiale (et par Zénith qui avait travaillé pendant la guerre à des coupoles de protection de radars en fibre de verre), couplée aux progrès de la technologie de production des fabricants de meubles, ont orienté leur choix.

Lors de l’exposition de 1949, au MoMA, les Eames présentent donc aux côtés du mobilier en aluminium et métal du concours, le premier prototype de chaise en plastique apparent au monde, composée d’une double coque en résine. Ce modèle ne fût en revanche édité qu’à partir de 1990, par Vitra.

1950 : le lancement de la production industrielle

La mise en production d’une série de fauteuils en fibre de verre se fera cependant très rapidement, dès 1950. Herman Miller ayant signé en tant que producteur, Charles et Ray Eames ont commencé une coopération avec la Californie et Zenith Plastic, axée sur le développement de versions en fibre de verre des dessins en métal estampillé.

Après avoir rencontré Sol Fingerhut (un ancien chercheur des laboratoires de fibre de verre d’Owens Corning, qui avait déjà développé des ailes d’avion en fibre de verre pour l’US Air Force) et Irv Green (également d’Owens Corning), Charles s’est immédiatement lancé dans la discussion du projet. Ses préoccupations tournaient autour des problèmes possibles qui pourraient surgir dans la production de fibre de verre de sa chaise, à savoir, comment faire adhérer la base à la coque, et comment traiter le bord. Ces problèmes ont été résolus par l’ajout de « boutons » (Schockmount) collés à la coque qui permettaient de visser la base, ainsi que le traitement des arêtes de la coque à l’aide d’une « corde-de chanvre » (rope-edge). Plus tard, la « corde-de chanvre » sera abandonnée. Elle ajoutait une étape supplémentaire au processus de production qui augmentait le prix de la chaise.

Après quelques nuits blanches, ils arrivent enfin à une coque moulée qui comblent leur besoin et remplissent l’objectif initial : pouvoir fabriquer en grande série une chaise moulée compacte, à un prix accessible par l’américain moyen. La « Eames Plastic Chair » était née.

Le fauteuil « Plastic Armchair » et la chaise DSS (Dining Stacking Chair) seront alors édités par Herman Miller puis par Vitra, à des millions d’exemplaires dans différentes finitions de piètements. Le siège coque, fauteuil ou chaise, a ainsi trouvé son expression industrielle.

Biographie et notes

1. Walker Art Center (1950), Everyday Art Quarterly, No. 17 (Winter, 1950-1951)

2. Smithson, Peter  (1966) Just a few chairs and a house: an essay on the Eames-aesthetic. Architectural Design, September 1966

3. Holroyd, Geoffrey (1966) Chronological Table. Architectural Design, September 1966

4. $30,000 in grants and $20,000 in prizes in international competition for design of low-cost furniture. Announcement of terms and conditions. Museum of Modern Art New York Press Release, January 5th 1948. http://www.moma.org/pdfs/docs/press_archives/1237/releases/MOMA_1946-1948_0111_1948-01-05_48105-1.pdf?2010 Accessed 14.11.2013

5. John Neuhart, Marilyn Neuhart and Ray Eames (1989) Eames design: the work of the Office of Charles and Ray Eames. Ernst and Sohn, Berlin

6. Time (1950) Sympathetic Seat. Time, 7/10/1950, Vol. 56 Issue 2, p47

7. John Neuhart, Marilyn Neuhart and Ray Eames (1989)

8. McCoy, Esther (1975) Nelson, Eames, Girard, Propst: The Design Process at Herman Miller. Design Quarterly, No. 98/99

9. John Neuhart, Marilyn Neuhart and Ray Eames (1989)

10. McCoy, Esther (1975)

11. Petite Encyclopédie du Design , Enrico Morteo, Solar Editions

Design au Belvédère !

Jean-Yves Allemand, La Galerie du XXème – Poitiers (avec un petit collectif de marchands sélectionnés avec attention), organise une exposition/vente. Undesignable a eu l’occasion de visiter cet écrin rayonnant et merveilleusement aménagé.

Un sentiment d’exception se dégage dès l’ouverture de la porte. A l’arrivée, notre œil s’arrête sur un lampadaire de Pierre Paulin, rare et exceptionnel, une chaise de Jean Prouvé accompagnée d’un lampadaire, lui Hollandais… Il faut reprendre son souffle avant de passer aux pièces suivantes.

Des fauteuils authentiques et parfaitement restaurés dans des tissus de luxe, une harmonie des couleurs habillement distribuées. La visite redonne une bonne dose d’énergie et d’optimisme quant à l’avenir et l’intérêt du mobilier du XXème. Merci !

C’est à la Hague, en Hollande, que Jean-Yves Allemand sera pour la première fois touché par l’étoile du design. A l’époque, il effectue une année de césure au pays des « Mushrooms » pour ses études de commerce. Artifort a inondé les institutions publiques jusqu’à la bibliothèque de la Haute École de Commerce de la Hague ou étudiait, justement, le futur marchand. La passion du design s’immisçait pour prendre forme.

De retour en France, l’étincelle se transforme en réalité. Il commence à rechercher des pièces de Pierre Paulin et privilégie les éditeurs comme Thonet, Meuble TV, ou d’Artifort. Le mobilier nordique lui parle, bien sûr, mais c’est le Design Hollandais (le Dutch Design), qui retient son attention depuis 13 ans maintenant.

LE BELVÉDÈRE. Paris 9ème. Sur rdv uniquement. Jusqu’au 5 juillet. (Contact la galerie du XXème)

Lille Métropole, Capitale Mondiale du Design

En 2020, Lille Métropole sera la première métropole française à devenir Capitale Mondiale du Design grâce à un projet novateur : transformer son territoire par le design.

  • L’année sera rythmée par de nombreux événements autour des 4 saisons :
  • L’hiver, la sensibilisation
  • Le printemps, la révélation
  • L’été, l’épanouissement
  • L’automne, l’accomplissement

De grandes expositions viendront expliquer la place du design dans l’appréhension des défis contemporains : changement climatique, amélioration de l’habitat, recherche d’une sociéte plus inclusive. Le programme se complétera de parcours thématiques, rencontres avec les designers, sans oublier de nombreuses manifestations festives, urbaines, pédagogiques.

Dans le cadre de cet évènement, Undesignable Markets proposera une 1er édition des marchés du design du XXème siècle.
Une belle occasion de venir faire un point sur l’histoire et les apports du design, mais surtout de venir chiner une pièce authentique et atypique pour le plus grand plaisir de votre intérieur (et de la nature 🙂)

En savoir plus :
https://www.designiscapital.com/

Vous êtes plutôt Vintage, Design ou Déco ?

Objets Design, Vintage ou Déco ? Qu’appelle-t-on une pièce vintage ? En quoi se distingue-t-elle d’une pièce de Design ?

Alors que Paris se vide doucement et que certains d’entre nous sont déjà à la recherche de bons déballages pour chiner une pièce de mobilier, une lampe, ou un objet « design », Undesignable en profite pour revenir sur un vocabulaire parfois difficile à circonscrire.

Nous vivons dans un monde d’objets. Sans le savoir, nous en possédons probablement plus de 500 dans notre lieu d’habitation. Lampes, tapis, bureau, ou tube de dentifrice, ils sont nombreux à peupler nos intérieurs. Ces objets nous racontent une histoire, l’histoire de notre époque. Différents en fonction du contexte dans lequel ils vivent, ils apparaissent comme le témoin de notre histoire si nous savons les écouter.

Le mobilier « Design »

Un mot qui vient du vieux français « desseing » et qui prend deux significations : « dessin » et « dessein ». Faire du design, c’est dessiner dans un but précis, c’est « signer une forme »*.

Le mobilier « Design » fait référence à un mobilier de conception. En effet, le métier de designer est apparu dans les années 1950, après la guerre. On distingue alors le concepteur de celui qui fabrique. Designer, c’est « concevoir » en fonction d’un « plan », c’est à dire « projeter » en fonction d’une « intention », d’une idée, d’un concept.

Dans la plupart des cas, le mobilier de designers porte donc une intention. Il ne cherche pas seulement à « signer » une forme, mais à proposer un « projet ». Celui-ci peut être social, innovant, lié aux processus de fabrication ou à la recherche d’utilisation d’une matière. Cela peut-être lié à une expérimentation.
L’amateur de design n’est pas seulement dans une recherche nostalgique, mais plutôt dans la valeur historique de l’objet ou d’une pièce. Il s’agit de qualifier un objet au regard de son intention, de son époque, des matériaux, de sa forme…

Le mobilier « Vintage »

Le terme Vintage apparaît dans les années 2000 dans l’univers de la mode. Il fait référence à un bon millésime (le vin). On parle alors de « vêtement vintage » qui fait directement référence à un couturier, une marque ou une époque.

Par extension, les Arts Décoratifs sont progressivement touchés par cette appellation devenue courante. Aujourd’hui dans le mobilier, on distingue deux grandes typologies d’artefacts aussi intéressantes l’une que l’autre.

Le mobilier « vintage » regroupe des pièces de mobilier qualifiées par leur époque, en référence à leur millésime, leur année de production, par exemple. Ce mobilier doit présenter toutes les caractéristiques d’authenticité (les rééditions ne sont pas vintages), ne pas être « trop » restauré et être dans son état d’origine. Ils peuvent être d’une grande valeur en terme de création et d’innovation. Souvent, ils sont le produit d’une entreprise ou d’un collectif. Une réalisation en marque blanche. C’est la valeur nostalgique qui sera recherchée.

Le mobilier « Déco »

Le mobilier « déco » est probablement le terme qui a été repris par la Presse et qui correspond a une opportunité commerciale. On retrouve dans le mobilier « déco » des pièces vintage ou de design, mais aussi des pièces transformées.

D’une manière générale, c’est la valeur décorative de la pièce de mobilier qui est valorisée et non sa fonction ou son intention. Elle est destinée à décorer, à agrémenter une pièce.

Le mobilier « Indus »

Ces objets issus de la production du début du XIXe siècle servaientt dans les usines, les ateliers ect. Ils sont aujourd’hui rares et ont leurs collectionneurs. Ce sont des chaises, des tables, des lampes ou des bureaux qui viennent directement de l’industrie. Ces pièces sont, la plupart du temps, de très bonne qualité de fabrication.

Sur cette typologie de mobilier, c’est la rareté et la qualité que recherchent les collectionneurs. Le mobilier dit « industriel » n’existe plus vraiment et trouver une chaise « Tolix » d’époque et en bon état relève du coup de chance aujourd’hui. On s’attachera à rechercher la valeur historique/industrielle de l’objet.

Sources :
*Le Design, PUF, Stephane Vial
C’est quoi le Design ? , Autrement, Claire Fayolle.

Memphis, le design libre

Ultra coloré, déstructuré, insolite et joyeux, le mouvement Memphis, inspiré par Ettore Sottsass au début des années 80, marque la fin d’un design fonctionnel pour s’ouvrir à une créativité radicale et hors-norme.

Memphis émerge en Italie en 1981 : graphiques, ludiques, explosives, les formes et les couleurs des meubles et des objets issus de la tendance échappent à tout conformisme et défraient la chronique. La fonctionnalité s’efface pour laisser la place à un chaos apparent. La bibliothèque Carlon d’Ettore Sottsass, composée comme une sculpture vaudou, le cabinet d’Antibes de Georges Sowden, monté sur des pieds gigantesques ou encore les fauteuils géométriques de Peter Shire laisseront pourtant une empreinte indélébile et s’arrachent aujourd’hui à prix d’or.

Sottsass et sa vision du Monde

A l’origine de ces lignes subversives : Ettore Sottsass. Né en Autriche mais installé à Milan, l’architecte et designer s’interroge au fil de ses voyages et de ses collaborations, dont celle avec Olivetti, sur les champs de la création et sur le conditionnement de l’homme à l’objet, un rapport qu’il conteste.

A 64 ans, il fonde ainsi le mouvement Memphis, dont le nom est une évocation de la chanson de Bob Dylan « Stuck inside of Mobile with the Memphis Blues again ». Il s’entoure de jeunes designers tels que Matteo Thun, Aldo Cibic, Barbara Radice ou encore Nathalie du Pasquier qui déclinent les couleurs primaires et les lignes déstructurées pour la réalisation de mobiliers, de luminaires, d’aménagements domestiques et d’objets de décoration. Sottsass affirme que «le design est une façon de débattre de la vie », un débat qui prend la forme d’une rébellion contre le fonctionnalisme forcené qui a marqué le début du XXème siècle.

Dans les jalons de l’Anti-design, qui s’attache à dénoncer depuis 1950 les perversions de la société de consommation, Memphis s’impose comme le Nouveau design italien, dont va s’inspirer, pendant plusieurs années, les médias, la publicité ou la bande dessinée.

...
Une collection de pièces uniques

Contre la production de masse, le mobilier Memphis s’édite en série limitée, mais ne convainc qu’une élite, seule à disposer des moyens pour y accéder. Durant les premières années des eighties, les créations surprennent, dérangent, amusent. « L’aventure ne s’est pas terminée pour des raisons particulières. Après cinq à six ans révolutionnaires, il était clair à tous que le moment était venu de s’arrêter, car tout ce qui devait être exprimé avait déjà été dit. Comme le disait Sottsaas, la révolution, on ne peut la faire qu’une seule fois… », explique Alberto Bianchi Albrici, directeur de la société Memphis à Milan.

Aujourd’hui, les meubles sont toujours édités de façon confidentielle en Italie. « Nous avons une clientèle très transversale, il n’existe pas un type particulier de client. Je crois que le trait d’union entre eux, c’est la sensibilité » affirme Monsieur Albrici.

En Savoir Plus ?
Memphis Milano
Largo Treves 5
20121 Milano

Le design Scandinave, une esthétique et un style fonctionnel

Les lignes pures et les grandes signatures du design scandinave ont traversé le temps et les frontières. Ce design venu du nord de l’Europe a toujours défendu que le beau et le naturel ennoblit l’homme.

Épuré et fonctionnel, le design scandinave puise ses fondements dans les idéaux fonctionnalistes et les utopies sociales qui ont éclos à la fin du XIXème siècle, comme cela fut le cas en Suède à l’occasion de la création de la Société suédoise des arts et du design en 1845.

Toutefois, le véritable essor de ce style aux formes simplifiées s’effectue dans les années 30. Les matières naturelles sont mises à l’honneur et le travail des designers se concentre dans la fabrication d’objets et de meubles destinés à améliorer le quotidien. La réflexion sur les formes, les dimensions idéales et la façon dont les meubles doivent s’intégrer dans l’habitat sont ainsi prioritaires.

L’âge d’or des 50’S

Ce mouvement à vocation populaire est commun à tous les pays du Nord de l’Europe. En Finlande, le designer et céramiste Kurt Ekholm soutient que grâce à leur beauté, leur simplicité et leur fonctionnalité, les ustensiles du quotidien doivent améliorer la qualité de vie. Dans la revue Kritish Revy, le créateur danois Poul Henningsen, lassé par le modèle néoclassique et l’approche moderniste du Bauhaus, insiste sur la nécessité de concevoir des objets quotidiens à la fois rigoureux et conviviaux.

Après la guerre, les Danois se lancent ainsi dans la fabrication en série de meubles et d’objets destinés aux petits budgets et aux surfaces réduites des appartements des classes moyennes. Le « bon design » va rapidement se convertir en « bon goût ».

En Suède, Ericson, Electrolux ou Gustavsberg, s’appuient sur la technologie pour lancer sur le marché des produits de plus en plus ergonomiques et performants. Dans le même temps, Arne Jacobsen, Hans J Wegner, Poul Cadovius et d’autres grands designers émergent de toute la Scandinavie.

Les années 50 incarnent un véritable « âge d’or » pour le design scandinave ; son esthétisme remporte un succès populaire et se propage bien au-delà de la Scandinavie. Les designers explorent le teck puis les propriétés du contreplaqué moulé : le siège Myren -Série 7- de Arne Jacobsen, produit et lancé par Fritz Hansen, va d’ailleurs devenir l’un des meubles les plus vendus au monde et l’emblème du modernisme danois.

Les années 60 sont marquées par l’arrivée de matériaux synthétiques telle que la fibre de verre ou la mousse de latex : la chaise S en plastique de Verner Panton ou la Ball en plexiglas d’ Eero Aarnio font des cartons !

Un design écolo

En contre-pied du culte des produits signés, la société suédoise Innovator design, fondée en 1969 par les designers Johan Huldt et Jan Dranger, distribue ses meubles de façon anonyme. Il s’agit d’objets en tube de métal et en toile très colorés et peu coûteux, qui remportent un vif succès, comme le siège Stuns.

Avant-gardistes, les deux designers avaient dessiné en 1964 des sièges de mobilier composés de très peu de matériaux. Une démonstration de philosophie, voire de politique environnementale en réponse aux débats et aux inquiétudes naissantes des jeunes Scandinaves au sujet de l’écologie, du traitement des déchets et de l’augmentation de la population. Largement copiés, sans discrimination et parfois injustement, leur succès représente, encore aujourd’hui, toute la difficulté des designers à concilier les problématiques environnementales et de productions industrielles.

Fidèle à sa mission de design pour tous, les bases internationalistes du design scandinave est jetée. Ikea démocratise le design blond aux lignes épurées à travers toute l’Europe et contribue à mettre à la portée de tous des objets beaux et bien conçus. Aujourd’hui, le design scandinave sans cesse revisité fait l’objet, dans les pays du Nord, de nombreuses formations, comme celle de l’école Konstfack, fondée en Suède en 1844, qui propose un enseignement jusqu’au master.

La tendance contemporaine est au développement durable. Les meubles et les accessoires de décoration sont fermement orientés par une philosophie éthique. En réponse aux diminutions des ressources naturelles, ce concept s’inscrit dans la continuité humaniste à laquelle le design scandinave s’est toujours identifié.

Documents & Remerciements

– “Design scandinave” par Charlotte et Peter Fiell (Taschen, 2015)
– “Modern Scandinavian Furniture” par Ulf Hard af Seierstad (Gyldendal, Oslo, 1963)
– Merci à Gunilla Norén, responsable communication chargée de mission design à l’Institut Suédois (Paris)

Gavina ou la naissance d’un design Italien industriel à visée culturelle

Dino Gavina, homme subversif, à la fois entrepreneur et personnage du design italien, a marqué de ses multiples collaborations l’histoire du mobilier et du luminaire, conçue en référence au fonctionnalisme rationaliste, en y ajoutant le génie de la créativité.

Le Design Comme Phénomène Culturel.

Pour Gavina, il s’agit avant tout de produire en série des pièces conçues par des travailleurs esthétiques*. Il déclarera d’ailleurs en 1967 que « la production est le moyen de communication le plus efficace de notre temps, un moyen qui peut être utilisé comme véhicule de stupidité ou de civilisation ». Gravitant autour du mouvement Dada, un des enjeux de sa méthode est de regarder les objets du passé, de les sortir de leur contexte historique et parfois d’usage, toujours dans un pré-requis de production industrielle, en série. L’exemple le plus parlant est le tréteau « Cavaletto », sorti de son contexte d’atelier de menuisier, produit par Gavina sur les indications de Pier Giacomo Castiglioni et présenté par la suite dans le catalogue Metamobile.

Lucio Fontana : L’entremetteur Inspiré

On peut dire que tout commence – ou presque – en 1953, quand le grand Lucio Fontana, lors de la préparation de la dixième triennale de Milan, présente Dino Gavina à Carlo Mollino, Carlo De Carli et Pier Giacomo Castiglioni. Des rencontres qui feront l’histoire puisque sept ans plus tard, Gavina créé Gavina s.p.a. : Carlo Scarpa, figure emblématique du design italien, en devient le Président et c’est là que les frères Castiglioni vont dessiner le fauteuil Sanluca, un succès, Marco Zanuso la chaise Lambda et Tobia Scarpa, le fils, le lit Vanessa, toujours ré-édité chez Cassina au sein de la Simon Collezione.

En 1962, Gavina décide de créer la Flos, éditeur de luminaires, aux côtés Cesare Cassina, afin d’apporter la pièce qui manquait à l’édifice pour créer un ensemble complet de propositions d’objets domestiques. Elle éditera le lampadaire Arco des frères Castiglioni la même année. C’est un succès à l’époque et cela le reste cinquante ans plus tard.

La Production En Série : Clé De Voûte D’une Méthodologie Esthétique

D’un voyage à New-York en 1962 pour rencontrer Marcel Breuer, naît un autre moment phare de l’histoire de l’homme : la décision de produire en série ses prototypes datant de l’époque du Bauhaus (la table Laccio, le fauteuil Wassily ou encore la chaise Reclining). Gavina expliquera son obsession pour la production en série en déclarant : « J’ai toujours eu une grande confiance dans le potentiel culturel et esthétique implicite dans l’industrie ».

Car là est le cœur du sujet : ne pas s’adonner à la mode ou au style mais créer des objets usuels à valeur esthétique, comme « des provocations formelles et culturelles »*. « J’aime essayer de construire des objets capables de défier le sable et l’oubli du temps et des modes », Dino Gavina

La fin de Gavina s.p.a en 1968 (revendue déficitaire à Knoll) ne sonne pas la fin de l’aventure puisque la même année, la Simon International voit le jour autour de représentants du design : Maria Simoncini, Enzo Mari, Carlo et Tobia Scarpa et Kazuhide Takahama. Va alors s’appliquer une méthode d’industrialisation d’éléments à assembler, garantissant ainsi qualité et quantité, au travers des concepts modulaires et d’initiatives expérimentales comme l’Ultrarazionale, l’Ultramobile, le Metamobile ou le Paradisoterrestre.

On en retient par exemple la table Doge (Carlo Scarpa), la table Delfi (Travail collaboratif entre C.Scarpa et Marcel Breuer à partir d’un modèle de 1930 de Breuer) ou Bramante (Kahuzide Takahama), meuble qui met en exergue les qualités du laquage.

* Virgilio Vercelloni, L’aventure du design : Gavina, Jaca Book.