Modernariatio : Antiquités Design des années 60 et 70

Direction Galerie Modernariato dans le 18ème arrondissement à la rencontre de Béatrice Brengues, galeriste et experte en design italien.

Dans sa petite boutique, Modernariato, seul mot à signifier “antiquités design” parmi toutes les langues, pas de mobilier des années 50 mais un univers décalé, hommage au design des années 60 à 80 qui s’affranchit des codes.

L’œil se promène, s’arrête et s’interroge. Beaucoup de luminaires, des appliques, des suspensions ou des lampes de table remplissent le petit espace du sol au plafond. Retranscription d’un échange singulier autour du design et de la démarche du galeriste aujourd’hui.

Une passion : Le design italien des années 60 et 70

Ancien clerc de commissaire-priseur et responsable de département design à Drouot, Béatrice Brengues a décidé de se lancer seule en tant que galeriste il y a quatre ans, en donnant naissance à Modernariato.

Bien que l’espace soit restreint, le lieu est empreint d’une véritable personnalité, à l’image de celle de sa propriétaire, enjouée, colorée et profondément singulière. Pourquoi autant de luminaires ? Quand elle a ouvert, elle s’est promis « de toujours avoir des Eclisse et des petites lampes de références à 150€ qui soient des classiques du design ».

Sa sélection est donc naturellement « assez cadrée sur le design italien et français des années 60, 70 et, depuis deux ans, aussi des années 80, car il est prisé par une clientèle inspirante ». Ici, le plastique et les métaux aux lignes rondes et parfois exubérantes remplacent donc les formes sobres du design des années 50, en vogue dans les galeries parisiennes.

Béatrice nous le confirme et nous explique : « je ne fais pas d’années 50 ni de design scandinave car je n’ai pas une démarche de proposer des produits absolument à la mode ». Elle stocke d’ailleurs des pièces pour lesquelles « il n’y a pas encore de marché mais qu’elle achète parce qu’elles sont intéressantes ». Celles-ci sont « en attente du bon moment », à l’abri des regards. Un choix personnel guidé par une réelle expertise de l’histoire du design, mais également précurseur à l’heure où le plastique n’est pas encore un marché tendance et avec lequel il faut donc savoir jongler pour maintenir un nécessaire équilibre économique.

Un pari maîtrisé entre passion et équilibre économique

Sans remettre en cause sa passion, Béatrice Brengues nous explique avec franchise « la nécessité de dépasser l’intérêt culturel du métier pour trouver un équilibre économique, qui fait d’ailleurs pleinement partie de l’histoire du design de par son lien étroit avec l’industrie ».

Elle propose donc depuis le début ses pièces à la vente en ligne, sur son propre site internet. Une évidence puisque les gens qui s’intéressent à ce type de design, pointu et relativement méconnu du grand public, sont pour la plupart métropolitains et internationaux. Elle « vend ainsi essentiellement sur Internet » à des habitants de grandes capitales comme Paris, Londres ou Bruxelles.

Elle utilise aussi les Market Places pour répondre « à une demande urbaine d’objets vintage, mais pas forcément design », en chinant et proposant des objets qu’elle n’exposerait pas nécessairement dans sa galerie. Rue Montcalm, au contraire, elle préfère proposer des luminaires, pour grande partie italiens, en s’adressant à une clientèle curieuse de collectionneurs, souvent jeunes et créatifs, qu’elle accompagne dans leur démarche.

On y trouve alors pêle-mêle du Fabio Lenci, Enzo Mari, Ettore Sottsass mais aussi des pièces du japonais Isao Hosoe ou de l’autrichien Olaf Von Bohr : une vraie caverne d’Ali Baba pour les amateurs, sans oublier les professionnels, à qui elle propose des pièces à la location pour des shootings car « ce qui se loue n’est pas forcément ce qui s’achète ».

Des expositions thématiques à venir

L’activité de galeriste étant un terrain mouvant et évolutif, Béatrice nous explique que si elle fonctionne aujourd’hui davantage en « boutique », elle « aimerait à l’avenir s’établir davantage comme galerie et donner à voir son raisonnement intellectuel ».

Forte de ses études en histoire de l’art et de son expérience dans les musées comme en salle des ventes, « la démarche intellectuelle du galeriste est quelque chose qui lui plaît ». Une évolution qui semble toute naturelle et qu’elle a déjà amorcée dès 2013 avec une exposition thématique, accueillie par la galerie Briobox, sur les luminaires de Castiglioni, Scarpa et Magistretti.

La prochaine, dont le lieu n’est pas encore défini, installera Modernariato là où ne l’attend pas forcément : du côté des tabourets ! Roger Tallon, Achille Castiglioni ou George Nelson… Nous ne connaissons pas encore sa sélection mais ne doutons pas qu’elle sera à la fois pointue et loin des sentiers balisés du design « à la mode ».

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Modernariato Galerie Design
1 rue Montcalm
75018 Paris

Memphis, le design libre

Ultra coloré, déstructuré, insolite et joyeux, le mouvement Memphis, inspiré par Ettore Sottsass au début des années 80, marque la fin d’un design fonctionnel pour s’ouvrir à une créativité radicale et hors-norme.

Memphis émerge en Italie en 1981 : graphiques, ludiques, explosives, les formes et les couleurs des meubles et des objets issus de la tendance échappent à tout conformisme et défraient la chronique. La fonctionnalité s’efface pour laisser la place à un chaos apparent. La bibliothèque Carlon d’Ettore Sottsass, composée comme une sculpture vaudou, le cabinet d’Antibes de Georges Sowden, monté sur des pieds gigantesques ou encore les fauteuils géométriques de Peter Shire laisseront pourtant une empreinte indélébile et s’arrachent aujourd’hui à prix d’or.

Sottsass et sa vision du Monde

A l’origine de ces lignes subversives : Ettore Sottsass. Né en Autriche mais installé à Milan, l’architecte et designer s’interroge au fil de ses voyages et de ses collaborations, dont celle avec Olivetti, sur les champs de la création et sur le conditionnement de l’homme à l’objet, un rapport qu’il conteste.

A 64 ans, il fonde ainsi le mouvement Memphis, dont le nom est une évocation de la chanson de Bob Dylan « Stuck inside of Mobile with the Memphis Blues again ». Il s’entoure de jeunes designers tels que Matteo Thun, Aldo Cibic, Barbara Radice ou encore Nathalie du Pasquier qui déclinent les couleurs primaires et les lignes déstructurées pour la réalisation de mobiliers, de luminaires, d’aménagements domestiques et d’objets de décoration. Sottsass affirme que «le design est une façon de débattre de la vie », un débat qui prend la forme d’une rébellion contre le fonctionnalisme forcené qui a marqué le début du XXème siècle.

Dans les jalons de l’Anti-design, qui s’attache à dénoncer depuis 1950 les perversions de la société de consommation, Memphis s’impose comme le Nouveau design italien, dont va s’inspirer, pendant plusieurs années, les médias, la publicité ou la bande dessinée.

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Une collection de pièces uniques

Contre la production de masse, le mobilier Memphis s’édite en série limitée, mais ne convainc qu’une élite, seule à disposer des moyens pour y accéder. Durant les premières années des eighties, les créations surprennent, dérangent, amusent. « L’aventure ne s’est pas terminée pour des raisons particulières. Après cinq à six ans révolutionnaires, il était clair à tous que le moment était venu de s’arrêter, car tout ce qui devait être exprimé avait déjà été dit. Comme le disait Sottsaas, la révolution, on ne peut la faire qu’une seule fois… », explique Alberto Bianchi Albrici, directeur de la société Memphis à Milan.

Aujourd’hui, les meubles sont toujours édités de façon confidentielle en Italie. « Nous avons une clientèle très transversale, il n’existe pas un type particulier de client. Je crois que le trait d’union entre eux, c’est la sensibilité » affirme Monsieur Albrici.

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Memphis Milano
Largo Treves 5
20121 Milano

Ettore Sottsass : The Glass

C’était à l’occasion du centenaire de sa naissance, qu’un nouvel ouvrage célébrait les productions de verre et de cristal de l’architecte italien Ettore Sottsass.

Né à Innsbruck en 1917, Ettore Sottsass, Jr. est devenu l’un des architectes et designers les plus primés et les plus performants de l’Italie du 20ème siècle. Aujourd’hui, un nouveau volume des éditions Skira présente le premier catalogue scientifique centré entièrement sur le travail du verre de Ettore Sottsass, de 1947 à la fin de sa carrière.

“Ettore Sottsass : The Glass” documente l’œuvre de verre et de cristal de l’artiste dans ses moindres détails, de sa série des années 1970 pour Vistosi, aux collections Memphis des années 1980, ses superbes constructions de la Millennium House du Qatar et jusqu’à ses célèbres Kachinas.

600 illustrations en couleurs

Avec près de 600 illustrations en couleurs – y compris des pièces inédites – et une analyse complète de l’auteur Luca Massimo Barbero (directeur de l’Institut d’histoire de l’art à Fondazione Giorgio Cin), cette monographie offre une référence aux érudits et aux amateurs d’art souhaitant approfondir leur compréhension de l’utilisation du verre par Sottsass dans l’architecture et le design.

“Ettore Sottsass, Le verre” par Luca Massimo Barbero.
Skira Edition. Mars 2018.
328 pages, 24 x 28 cm.
ISBN : 978-88-572-3535-6

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SKIRA Editore
via Torino 61
20123 Milano

Memphis Design : The Zanone Collection

Memphis, le collectif du Radical Design, a créé des œuvres fonctionnelles audacieuses qui ont eu un impact significatif sur le domaine du design.

Le 3 octobre, Wright présentera une vacation de la collection Zanone :
Memphis Design: The Zanone Collection.

Crée au début des années 1980

Memphis a été fondée au début des années 1980 par Ettore Sottsass et était composée de plusieurs designers : Masanori Umeda, Shiro Kuramata, Andrea Branzi, Nathalie du Pasquier, Michèle de Lucchi, Peter Shire, Marco Zanini, Martine Bedine, George Sowden, Michael Graves, Hans Hollein, Matteo Thun, Marco Zanuso, Thomas Bley, Barbara Radice, Aldo Cibic, Massimo Iosa Ghini, Gerard Taylor, Javier Mariscal, Beppe Caturegli et Ernesto Gismondi.

Les conceptions et l’esthétique étaient révolutionnaires et l’on retrouve des pièces de Memphis dans les décors de cinéma et dans les maisons aux esprits novateurs, audacieux et créatifs tels que David Bowie et Karl Lagerfeld, dont les collections historiques ont attiré l’attention des collectionneurs du monde entier.

Aujourd’hui, les dessins de Memphis sont devenue des icônes célèbres.

La Collection Zanone

Dennis Zanone a longtemps défendu le travail du groupe Memphis. Au fil des années, il a rassemblé une vaste collection complète de dessins de Memphis.

C’est l’une des plus importantes et des plus anciennes collections connues de Memphis. En 2014, sa collection a fait l’objet d’une exposition au Dixon Museum de Memphis.

Le 3 octobre 2019 — Chicago

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Wright Auction House
1440 W Hubbard St,
IL 60642 Chicago

Repertorio Sottsass par Artcurial

En octobre 2018, le département Design de la maison de Vente aux enchères Artcurial a choisit de consacrer une vente monographique au fondateur de l’influent mouvement Memphis. Avec une quarantaine de lots, Repertorio Sottsass propose un portrait inédit du créateur, explorant toutes les époques et tous les médiums dont il s’est emparé, du mobilier à l’émail en passant par la peinture, la céramique et le verre, offrant ainsi une vision complète de son vocabulaire créatif.

Cette vacation dédiée à Ettore Sottsass préfigure la volonté d’Artcurial de donner une place plus importante au Design Italien, avec une vente consacrée entièrement à la spécialité en novembre prochain.

Bien qu’il incarne les années 80, c’est dans les années 1950 qu’Ettore Sottsass commence à dessiner, peindre, et travailler avec une attention pour la céramique. A cette période, il débute une collaboration avec Arredoluce, la célèbre entreprise d’éclairage italienne. De cette collaboration naîtra une exceptionnelle suspension, produite à quelques exemplaires et réalisée en 1957 et qui sera proposée à la vente le 23 octobre 2018.

La collaboration avec Poltronova dans les années 70 signera la naissance de la série « Mobili Grigi« . Du mobilier marquant incontestablement le signe avant coureur de sa vision futuriste. Toujours dans les années 1970, Artcurial proposera un ensemble de luminaires réalisés pour Stilnovo et nommées : Manifesto. Il s’agit de plafonniers qui se composent d’un tube d’acier chromé et se terminent par un une sphère métallique rouge qui cache la source lumineuse. Pour Sottsass, il s’agissait de donner au mobilier un caractère architectural et de modeler l’espace en créant des bouquets de stalactites lumineuses.

Les années 80 sont tournées vers le visuel et le spectaculaire. Ettore Sottsass fonde le groupe Memphis. Les formes, les couleurs ou les motifs deviennent les composantes de toutes les créations. Les pièces Memphis sont souvent produites en série limitées comme la « Coupe Sapho » (1986) et réservés à une élite. La vacation permettra d’en découvrir plusieurs.

Impossible de retracer le parcours du designer, disparu en 2007, sans s’arrêter sur sa production de céramique, avec entre autres, les 14 pièces réalisées pour la Manufacture de Sèvres. Une visite s’impose !

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Artcurial
Hôtel Marcel Dassault, 7 rond-point des Champs-Élysées
75008 Paris

Bowie : Dispersion en vue !

Quelques mois après le départ pour d’autres lieux du célèbre chanteur, compositeur, acteur, producteur mais aussi collectionneur, David Bowie, une partie de ses effets personnels est vendue par Sotheby’s Londres.

David Bowie, qui avait étudié l’art et le design avant de commencer une carrière dans la musique, a toujours manifesté un grand intérêt pour les arts. Il avait rencontré Andy Warhol à la Factory à New York en 1971, et c’est naturellement qu’il a été attiré par les grands noms qui ont marqué son époque.

Collectionneur d’art et de design

Ainsi, on trouve dans sa collection on retrouve donc des œuvres d’artistes qui, comme lui, ont laissé une empreinte sur les générations futures. Ce sont celles d’Henry Moore, de Graham Sutherland, de Frank Auerbach, de Basquiat, Navarra, ou de Damien Hirst que les collectionneurs d’art viendront s’arracher.
Loin de se limiter à l’Art Britannique, qui constitue le cœur de sa passion, la curiosité de Bowie l’amène à l’art brut, au surréalisme et au design. Sur les 400 lots, on ne trouve pas moins de 100 pièces de design, ce qui en dit long sur sa passion et ses goûts de collectionneur. « L’art est la seule chose que j’ai toujours voulu posséder. Il a toujours constitué, pour moi, une source d’inspiration inépuisable. Je m’en sers. Il peut changer mon état d’esprit quand je me lève le matin. La même œuvre peut m’influencer de différentes manières, selon la situation dans laquelle je me trouve », avait confié David Bowie au New York Times en 1998.

Le Memphis Group représenté en nombre

Le travail de l’excentrique designer Italien Ettore Sottsass s’immisce dans sa collection avec l’étagère « Casablanca » (première collection de 1981) considérée comme une œuvre fondatrice du design post-mod (4 500 à 6 500 euros).
Une nombre important de luminaires du même designer sera proposé à la vente, comme la lampe « Don » (300-500 euros), « Valigia » (300-400 euros), « Pausania », « Ashoka » et deux exemplaires du lampadaire « Treetops », et bien d’autres…

Au coté d’œuvre(s) d’Ettore Sottsass, on trouvera des productions de Michele de Lucchi (les chaises « Riviera », la table « Burgundy » et une paire de chaise « First »), le cabinet « Antibes » de George J. Sowden, le fauteuil « bel air » et le sofa « Big » de Peter Shire, des oeuvres de Marco Zanini, Marco Zanuso, Matteo Thun et j’en oublie… Au total, ce sont d’importantes pièces du Memphis Group qui seront proposées au plus offrant.

Un radiofonografo des Frères Castiglioni !

Il est surprenant de découvrir que le musicien le plus innovant et audacieux de sa génération écoutait de la musique sur un appareil atypique : le Radiofonografo no. RR 126 . Il s’agit d’un tourne-disque tout-en-un avec amplificateur et haut-parleurs intégrés, commercialisé en 1965 et conçu par les frères Pier Giacomo et Achille Castiglioni pour la marque italienne Brionvega. (900 à 1 300 euros).

Tristesse pour les Fans

La communauté des fans de Bowie est particulièrement touchée par cette vente prématurée à seulement quelques mois de son décès. « Je suis un peu déçu par cette si rapide dispersion… ils disent avoir gardés les pièces auxquelles il tenait le plus », nous confie Christophe, administrateur du site Biographie.David.Bowie, « Ce qui est connu, c’est qu’il lui arrivait de trouver l’inspiration à travers ces œuvres… elles avaient donc une très grande importance à ces yeux ».

« Eclectique, improvisée, sous-estimée : la collection de David Bowie offre un aperçu unique dans le monde personnel de l’un des plus grands esprits créatifs du 20e siècle » , a déclaré Oliver Barker, responsable de Sotheby’s pour l’Europe. Sa famille a indiqué vendre ces oeuvres par manque d’espace. « Il est temps de donner aux autres l’opportunité d’apprécier – et d’acquérir – l’art et les objets qu’il admirait tant », a-t-elle expliqué, confiant aussi avoir gardé plusieurs pièces pour des raisons sentimentales.

David Bowie aimait tout ce qui était Pop. Ce sont les œuvres fortes symbolisant cette époque que les amateurs viendront chercher en priorité en novembre à Londres.

Tournée mondiale en avant-première :
– Londres: 20 juillet – 9 août;
– Los Angeles: 20 – 21 septembre;
– New York: 26 – 29 septembre;
– Hong Kong: 12 – 15 octobre.

Exposition :
– Bowie/Collector, 1er – 10 novembre,
Sotheby’s New Bond Street, Londres;
Ventes – Sotheby’s London
Partie I: Art moderne et contemporain,
vente du soir, 10 novembre 2016,
Partie II: Art moderne et contemporain,
vente du jour, 11 novembre 2016 ;
Partie III: Design post-moderne:
Ettore Sottsass et le groupe de Memphis, 11 novembre 2016

En savoir plus ?

Sotheby’s London
34-35 New Bond Street
W1A 2AA London

Victor Gastou, Antiquaire dans la peau

Héritier de l’inclinaison de son père pour les antiquités, Victor Gastou présente dans leur galerie une sélection de pièces chinées avec beaucoup de soin. Une histoire de famille et de transmission.

Plongé dés l’enfance dans le monde de l’art et des antiquités, Victor Gastou évoque sa maison familiale avec beaucoup d’émotion. « Les meubles changeaient tout le temps, et nous avions toujours le nez dedans. Avec ma sœur, Nous tournions et retournions les objets pour aider mon père à trouver des signatures. Être entouré de belles choses marque l’empreinte de l’œil » affirme-t-il.

Mais après son bac, Victor s’invente un autre parcours et se lance dans des études de droit, avant d’enchaîner école de commerce et grandes entreprises. Rapidement toutefois, le manque se fait sentir et il retourne travailler dans la galerie paternelle par le biais d’un stage. « Découvrir des objets, les faire ensuite découvrir fait véritablement partie de mon ADN ! Lorsque je pars chiner, je me sens comme un aventurier en exploration ! » s’exclame-t-il.

Ce passionné entretient une relation très sensuelle avec les meubles, où les sens sont omniprésents. Il aime caresser les patines des objets anciens, imaginer leur histoire ou encore donner une deuxième vie à des pièces abandonnées par leur propriétaire ou maltraitées par le temps.

A la galerie, spécialisée dans l’Art déco du XXème siècle, Victor et Yves, son père, proposent des pièces exigeantes qui réclament un œil et une culture. « Le goût pour le mobilier dépend de l’histoire de chacun. Les Russes, par exemple, sont moins sensibles au design des années 60 ou 70 qui va les ramener au communisme, alors qu’ils sont friands de mobilier du XVIIIème siècle, époque de la Grande Russie et des tzars… », explique Victor Gastou.

Salon, exposition : l’expert déborde de projets. Présent sur le PAD de Paris, qui se tiendra cette année aux Tuileries du 31 mars au 3 avril, il présentera ensuite les œuvres en pierre et en acier de Gérard Kuijpers, à la galerie rue Bonaparte. Un travail en lévitation à découvrir sans tarder.

Présentation sur le stand du PAD 2016

Un superbe fragment d’un mur lumineux de Francois Chapuis, conçu à l’origine pour une chapelle, permet de positionner la composition abstraite sur plus de 4 mètres. 1970.
Francois Chapuis est particulièrement connu pour ses recherches et son travail d’artisan verrier ainsi que pour l’expérimentation des polymères et autres résines dans les années 60.
Une paire de console “Wing” de Gerard Kuijpers, 2015.
Totems de Ettore Sottsass.

Galerie Gastou
12 Rue Bonaparte
75006 Paris