Le luminaire Français des années 50

La lampe électrique à aujourd’hui 140 ans. C’est le 21 octobre 1879 que Thomas Edison réussit à faire fonctionner pendant quarante heures la première lampe à incandescence à filament de coton carbonisé.

L’innovation : La lampe

En 1809, un chimiste anglais découvre la lampe à arc électrique, mais le monde doit la découverte et surtout le développement industriel de la lampe à incandescence à T.A. Edison et J.W. Swan. Avec l’arrivée de l’électricité, l’éclairage ne cessera d’évoluer. Cette lampe est à l’origine du prodigieux essor de l’éclairage. Elle a transformé le rythme de la vie humaine, grâce aux heures d’activité qu’elle a fait gagner sur la nuit.

Les progrès techniques qui seront réalisés dans le domaine de l’acier permettront à toutes les industries d’améliorer la qualité de leurs outils (en coupe) mais aussi d’abaisser les prix de revient.
On notera, de plus, l’arrivée et l’usage des matériaux synthétiques, mis au point par les industries chimiques avant la seconde guerre mondiale, à partir de 1949 en France.

Le développement

De 1950 à 1980, poussé par l’innovation et la mise au point de nouveaux matériaux, le style moderne fait son apparition. Il permet à une distribution nouvelle de se developper en proposant des tarifs accessibles et en offrant une disponibilité rapide. Cette forme d’organisation de la production et de sa distribution répond immédiatement à la demande forte des trente glorieuses.

La décennie 1950 connaîtra en France une période de croissance économique et technologique qui touchera tous les secteurs d’activité et la décoration d’intérieur. Les habitations modernes voient naturellement apparaître des systèmes d’éclairage qui correspondent aux nouvelles manières de vivre et d’habiter son intérieur.

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Lampadaire base étoile de Robert Mathieu
Articulation de formes et de fonctions

Un rapprochement se fait entre créateurs et industriels. Les pièces sont maintenant produites en petites série en appliquant les avancées de l’industrie. Nouveaux procédés, nouvelles techniques mais aussi nouveaux matériaux tels le perspex, le rotaflex, le métal perforé…

Les créateurs français qui dessinent ces modèles comme Pierre Guariche, Michel Buffet, Jean Boris Lacroix, Louis Baillon, Charles Ramos, Joseph André Motte, Michel Mortier… trouveront une oreille attentive auprès des grands éditeurs que sont Disderot, Caillat, Arlus, Lunel, Lita et autres.

L’on verra apparaître des appliques potence, des lampes de bureau ou des suspensions à contrepoids.

Des changements certains

La période donnera naissance aux éclairages multiples (nombreux bras, articulés ou non), à l’utilisation de la rotule (qui permet d’orienter la lumière), de la poulie, de contrepoids, systèmes, éclairages indirects, lampes à déplacer, apparition de couleurs primaires, graphique, jeux de lumière…

La Galerie Meubles et Lumières rendra hommage à cette intense période de création en présentant du 17 octobre au 30 novembre, une sélection de luminaires français de la décennie 1950 illustrant la multiplicité du répertoire formel de cette période riche et novatrice.

Le luminaire Français des années 50
Exposition du 17 octobre au 30 novembre 2019.

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Galerie Meubles et Lumières
58 rue Mazarine
75006 Paris

Pascal Cuisinier. Chercheur-Galeriste à St Germain

Le galeriste spécialiste du design français de la période 1951-1961, Pascal Cuisinier, nous livre ses secrets de collectionneur atypique.

Nous sommes vendredi, il est 11h et la Galerie Pascal Cuisinier de la rue de Seine est en plein préparatifs. Elle s’apprête à vernir l’exposition Jacques Biny, cachée des regards derrière sa vitrine recouverte de kraft. Pascal Cuisinier nous accueille, il semble serein mais on comprend vite que le stress monte. Il jette un œil discret sur les équipes techniques, s’inquiète de l’instabilité d’une des pièces phares de l’expo, la lampe B201 de Michel Buffet, et se demande si les dernières finitions seront prêtes pour l’inauguration dans quatre heures. Malgré tout, il prend le temps, installé dans un fauteuil de Pierre Guariche, de nous raconter avec sincérité et éloquence sa passion, son métier et les choix qui l’ont conduit à exposer en pionnier les travaux des « jeunes loups », génération née entre 1925 et 1930 et issue pour la plupart des Arts Décoratifs.

Les jeunes loups ?

Pierre Guariche, Joseph-André Motte, Michel Mortier, Geneviève Dangles, Christian Defrance, Antoine Philippon, André Monpoix ou encore René-Jean Caillette… Pourquoi les a-t-il choisis ? « Je ne les ai pas réellement choisis, il se sont imposés à moi car ce sont les meilleurs de leur génération ». Une évidence en somme. Ce qui l’intéresse, c’est « la rigueur, la radicalité et l’innovation » provenant de ce groupe qui n’en est pas réellement un. Pascal Cuisinier parle d’ailleurs volontiers de « concept générationnel » pour définir ce courant. « L’apport de modernité » et leur rôle de charnière dans l’histoire des arts décoratifs sont primordiaux pour lui, comme l’ampleur de leur travail à visée domestique.

Architecte de formation, le galeriste, s’il ne « choisit » pas les designers, sélectionne en revanche les pièces qu’il présente : les meubles et les luminaires, bien sûr, mais aussi le style, porteur de « sens », sans ornementation excessive et donc futile. On est bien loin de l’esprit décoratif parfois attribué au design. « Le geste gratuit ne me touche pas » nous explique-t-il. Ce qui compte c’est « un, la proportion, deux la proportion, trois la proportion », postulat majeur du design des années 1950. Pour lui, les pièces qu’il expose « apportent la meilleure solution à un problème qui se pose ». La technique, l’innovation, l’esthétique et la fonctionnalité en sont les caractéristiques. On peut alors se poser la question de l’émotion transmise par une pièce. Le philosophe de l’art invoque en retour la raison, maître mot de l’émotion, qu’il considère comme « une réponse intellectuelle qui nécessite une construction de la compréhension » et non comme une réaction primaire, indépendante d’un contexte et de connaissances préalables.

On comprend que cette rigueur, appréciée chez Guariche et les autres, ne s’arrête pas à ceux qu’il expose : on la ressent très bien chez lui et dans sa méthode scientifique de travail. Se documenter, chercher, recouper sont essentiels pour constituer ses expositions et font partie intégrante de son rôle de galeriste. C’est d’ailleurs pour cela qu’il collabore avec un doctorant à plein temps, avec qui il a constitué une impressionnante base de données : photographies datées, catalogues, ressources des ayants droit… Tout est passé au peigne fin pour trouver, dater et attribuer officiellement les pièces, parfois pour la première fois sur le marché.

Rien d’étonnant donc à ce que les expositions de Pascal Cuisinier se montent en sept ou huit ans et que les trois-quarts de ses œuvres se trouvent en sommeil, à la cave, en attendant la pièce manquante ou le document qui authentifiera avec certitude l’objet.

De ce formidable savoir, il « espère un jour créer une maison d’édition » pour enfin publier des livres complets sur ceux qu’il affectionne, et sur lesquels la documentation reste aujourd’hui très maigre. En attendant, vous pourrez toujours passer en septembre découvrir le travail de Pierre Paulin, celui de ses débuts, méconnu et pourtant imprégné de modernité et d’innovation, si chères à Pascal Cuisinier. Il paraîtrait aussi que, plus tard, les luminaires de Robert Mathieu feront leur apparition rue de Seine…

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Galerie Pascal Cuisinier
13, rue de Seine
75006 Paris