Gino Sarfatti : Le 2097

Le fondateur d’Arteluce, Gino Sarfatti, en 1939 a été un des premiers designers à s’intéresser aux nouvelles fonctions de l’éclairage.

Abolissant les frontières entre l’aspect fonctionnel et décoratif des luminaires, il créera ainsi de nouvelles typologies de luminaires, comme avec le lustre 2097 dans les années 50.

1952 : 2097 pour Arteluce

Initialement créé pour Arteluce en 1952, le lustre 2097 réinvente la lumière par effet d’accumulation. Les 30 points lumineux installent ainsi une lumière diffuse grâce à un système articulé autour d’un tube central cylindrique, chromé, depuis lequel le designer choisit de faire partir des bras rayonnants de différentes dimensions. L’éclairage en sera ainsi organisé selon de nouvelles géométries.

Une redéfinition de ce que l’on choisit de montrer

Contrairement aux lustres traditionnels, Sarfatti fait le choix décoratif de laisser fils électriques et douilles en bakélite apparents. Un pari esthétique qui n’en dénie pas moins la fonction, préférant par ce système multiplier les points lumineux pour apporter un éclairage diffus à la pièce de vie, dans une optique de recherche incessante de meilleure qualité de l’éclairage. Une des forces de l’homme sera d’ailleurs de s’attacher à proposer des solutions lumineuses en fonction des caractéristiques de l’espace et de leur utilisation, sans se limiter à réutiliser les typologies de luminaires existantes.

2097/30 et 2097/50 pour Flos dès 1958

Le lustre 2097 sera ensuite édité par Flos, qui rachètera Arteluce en 1973, dès 1958 dans deux versions différentes : le 2097/30 et le 2097/50, l’une contenant 30 bulbes et l’autre 50. Toujours en production aujourd’hui, ce luminaire iconique du travail de Sarfatti, et plus généralement du luminaire italien, n’a rien perdu de sa modernité.

Damien Tison : Le pari de la proximité

Rue du Cherche-Midi, la galerie Damien Tison fait le pari de la proximité en proposant à une clientèle fidèle du mobilier et des luminaires du XXème siècle.

Ici, le design français et italien se côtoient dans une mise en scène à l’image d’un appartement de collectionneur. Rencontre avec son propriétaire, jeune galeriste passionné.

Loin de l’esprit des puces comme de celui des grandes galeries de la rue de Seine, Damien Tison s’est forgé une identité singulière en présentant ses pièces comme on le ferait dans une maison. « C’est un petit lieu mais je le veux très vivant », nous explique Damien Tison, qui s’attache ainsi « à fixer des prix un peu moins cher que ceux du marché pour que ce soit renouvelé tous les 10-15 jours ».

Ici, on trouve « beaucoup de luminaires et de petit mobilier du XXème siècle, des années 50 jusqu’aux années 70 : du Guariche, du Lunel mais aussi des éditeurs italiens comme Stilnovo ou Arteluce » et le galeriste, qui ne défend pas un artiste en particulier, ne s’empêche pas « de les mélanger parfois avec des objets plus classiques ». L’homme se « différencie car c’est une boutique de quartier, et à Paris il n’y en n’a plus beaucoup. Certains fonctionnent avec des gros dépôts ou avec des sites internet mais je préfère quant à moi garder cette proximité avec les gens qui viennent me voir », nous explique-t-il. Un choix assumé pour ce professionnel qui « travaille avec son œil », exercé depuis son enfance aux côtés de son père brocanteur en Province puis lors de ses études, spécialisées dans le marché de l’art.

Ce qu’il préfère dans son métier ?

« Discuter d’un objet, échanger avec les clients qui sont demandeurs d’informations concernant les détails de fabrication, la provenance de la pièce ou encore l’intérêt du dessin ».

En savoir plus ?

Galerie Damien Tison
75 rue du Cherche Midi
75006 Paris